Béziers et son maire montrent leurs muscles

Depuis quelques jours, dans une campagne qui se veut virile et pleine d’humour, la police municipale biterroise expose fièrement ses attributs, en la matière un pistolet automatique de calibre 7.65. On apprend donc grâce à une affiche 120×176 qu’une arme de 4e catégorie, auréolée des couleurs bleu-blanc-rouge de la République, est devenue le meilleur ami de fonctionnaires et agents public placés sous l’autorité directe du maire. Conformément aux textes en vigueur, la police municipale peut être équipée d’armes de catégorie B telles que revolvers de calibre 38 spécial ou pistolets de calibre 7.65, de façon apparente. Rien de bien nouveau sous le soleil de Béziers dont les représentants de l’ordre rejoignent ainsi les 40% de leurs collègues municipaux déjà équipés de la sorte.

Mais la décision n’ayant pas fait l’objet de commentaires particuliers, l’édile a souhaité en rendre compte en créant une polémique du type « qui-c’est-qui-a-la-plus-grosse-maintenant ? ». En spécialiste des médias qu’il est, Robert Ménard savait pertinemment qu’il obtiendrait une belle couverture à peu de frais. Une stratégie de la provoc’ assumée mais qui fonctionne à tous les coups.

Ou qui fonce dans le mur à très court terme.

Car quelle sera la prochaine étape ? Le vulgos avec un « J’ai envie de Béziers » en campagne de marketing territorial ? Le porno chic ; ça provoque bien le porno chic, non ? « Enlarge your Biterois » me semble dans le ton. Le trash ? Le gore ?

Une vision territoriale, quelle qu’elle soit, ne se construit pas au gré des fulgurances mal éclairées de son porteur. A force de coups à trois francs six sous c’est dans le pied que Béziers va se tirer une balle. Et à ce moment là, il faudra bien plus que quelques affichettes pour faire revenir les touristes et les emplois dans la plus ancienne ville de France.

 

©Photo @Myllou

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Olivier Genevois

Elevé à la pub des 80′s, biberonné au réalisme du marketing, enthousiasmé par les questions globales liées à la Cité, j’ai co-fondé Sennse avec ce joyeux mélange d’aspirations personnelles et de savoir-faire professionnel. Depuis près de 20 ans je décortique ainsi les enjeux techniques et politiques des institutions, je réponds aux questions très concrètes des opérateurs de transport, je partage les réflexions d’avenir des urbanistes, je me confronte aux exigences divergentes des usagers-consommateurs-citoyens. Ce qui me laisse tout juste assez de temps pour un ou deux marathons par an, la course à pied étant à la fois une passion et une nécessité pour maintenir un équilibre serein. Pour partager quelques kilomètres : o.genevois@sennse.fr ou @Olivier_Sennse sur Twitter. Et pour lire des choses moins sérieuses vous avez www.mots-surannes.fr

2 pensées sur “Béziers et son maire montrent leurs muscles

  • 12 février 2015 à 17 h 08 min
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    Accessoirement Bob contribue à alimenter des clivages (si ami et arme : c’est donc qu’il y a ennemi et cible ?), à entretenir un climat de suspicion et de peur d’un méchant qui rôde. Bob réduit la PM à son besoin d’auto-défense (syndrôme post Charlie) et par là-même gomme sa vocation de proximité et vecteur de lien social.
    Bref, Bob par son gros coup de buzz calibré, bafoue les objectifs publics de notre métier de communicants (on parle bien là de l’opé de com, pas du choix d’armer sa PM) : fédérer, lier, créer une communauté, donner les éléments d’une histoire partagée, valoriser la République et ses valeurs de fraternité..

    Stigmatisant, inutile (pas sûre que voir une arme sur tous les Decaux de la ville rassure les chtis nenfants et leurs parents en fait..) et détestable pour la #compublique. Un choix calculé que Bob pourrait en effet voir revenir comme un boomerang, lorsque ses concitoyens désigneront du doigt celui que la PM devrait viser. « ce n’est que de la défense » … Peut-être. Mais on peut choisir d’armer des agents sans pour autant désigner publiquement une arme à feu comme un ami de la République.

    Qu’il est loin déjà le temps où sur des millions d’affiches c’était bien l’unité qui était brandie comme la meilleure des défenses.

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  • 12 février 2015 à 20 h 51 min
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    Tu me tentes Olivier, tu me tentes… À quand : « Désormais, Ménard a un nouveau cerveau » ?

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