Le MOOC, petit nouveau dans la boîte à outils de nos dircoms ?

Mooc

Apparus en 2008 et en plein développement, les MOOCs (Cours en ligne ouverts et massifs pour Massive Open Online Courses) constituent une nouvelle manière d’apprendre et de se former, gratuitement et à distance.
Le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, à travers sa plateforme FUN (France Université Numérique) propose la définition suivante :

  • le “M” de Massive signifie que le cours peut accueillir un nombre en principe non limité de participants;
  • le “O” de Open signifie que le cours est ouvert à tous les internautes, sans distinction d’origine, de niveau d’études, ou d’un quelconque critère;
  • le “O” de Online signifie que l’ensemble du cours peut être suivi en ligne : cours, activités, devoirs, examens, etc.;
  • le “C” de Course rappelle que c’est un cours avec des objectifs pédagogiques, et donc une pédagogie active, et non simplement des ressources diffusées en ligne.

L’esprit des MOOCs vise à s’inscrire dans une approche pédagogique intégrant à la fois les nouveaux usages du numérique et de nouvelles formes d’apprentissage interactives, collaboratives et démocratisées.
L’état des lieux des MOOCs francophones permet de dégager des premières tendances, parmi lesquelles on retrouve au rang des disciplines favorites l’informatique / multimédia et les sciences humaines. Tout un programme!

 

Quelles ressources trouver dans un MOOC ?

Le MOOC est un outil de “richmedia” (contenus enrichis) par excellence. L’apprentissage se fait par l’intermédiaire de conférences en vidéo, de ressources documentaires accessibles en ligne, et de contributions des participants (wiki par exemple). En complément, des forums de discussion ouverts en permanence pendant toute la durée du cours offrent un espace collaboratif.

Quelle souplesse de fonctionnement ?

Le MOOC permet aux participants de travailler à leur rythme : les horaires d’accès sont pour la plupart libres et leur utilisation est optimisée pour tous les écrans.

Des quizz réguliers, des badges hebdomadaires, une étude de cas viennent sanctionner les sessions de cours et les participants les plus assidus sont récompensés par une attestation de réussite.

 

Quels bénéfices pour la communication publique ?

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Des bénéfices pour la communication externe

A l’instar des COOCs (“Corporate Open Online Courses”) ou MOOCs d’entreprises, les collectivités pourraient investir ces technologies pour travailler leur image d’institution innovante en proposant des contenus de qualité à valoriser au travers de campagnes de relations presse. L’idée de la collectivité qui s’ouvre, qui donne une place réelle à la formation digitale contribuera aussi à séduire les publics de la génération Y.

Séverine Alfaiate, Directrice communication, innovation numérique et citoyenne de la Ville d’Orsay, dans son billet “Comment l’usager a changé ma fiche de poste (du droit à l’information au devoir de médiation)” identifie l’enjeu pour le communicant de permettre l’expression d’une citoyenneté éclairée.

“L’usager-citoyen comprend qu’il a besoin de savoir plus pour dire plus. Et c’est là, à ce moment-là, que le communiquant a changé. C’est là que le service public que nous rendons est devenu aussi un devoir. Le devoir de donner à notre cible les moyens de la liberté d’expression qu’il demande et celui de lui transmettre les informations dont elle a besoin pour que sa citoyenneté devienne active.”

Dans son rôle d’information des usagers, la collectivité ne doit-elle pas aussi “éduquer” les usagers en se comportant comme un outil de support (pour expliciter ses missions, pour accompagner la compréhension d’un projet par les habitants, pour informer les entreprises qui souhaitent s’implanter sur le territoire de leurs droits et obligations, etc).

Dans le cadre d’une concertation publique par exemple, le MOOC serait le lieu de transmission de véritables connaissances aux habitants et parties prenantes : cadre juridique et obligations, déroulement, enjeux du projet, cartographies et plans accessibles à tous, ce format étant par essence ouvert et à visée pédagogique.

Selon Eric André, directeur conseil en communication publique, concertation et débat public, le MOOC offrirait l’opportunité de “passer de la concertation d’échéance à la concertation de flux”, c’est-à dire de l’opportunité de s’inscrire dans une concertation permanente et régulière permettant aux publics de suivre la progression du projet tout en disposant du bagage nécessaire pour en saisir les tenants et aboutissants.

Reste à définir où se place l’attente des usagers de la collectivité.

Des bénéfices pour la communication interne

Le MOOC peut également servir la communication interne de la collectivité pour promouvoir de manière pédagogique un changement ou tout simplement faire passer des messages aux agents, les informer de projets en cours, les sensibiliser à des politiques, les former à des matières nouvelles.

Marc Cervennansky, chef de projet web à la Communauté Urbaine de Bordeaux est convaincu de la pertinence d’utiliser ce type d’outil en interne, en ce qu’il pourrait “contribuer à l’acculturation des équipes au numérique, au profit de tous les services, au-delà des équipes de la communication.”

Pour Karen Wood, responsable de la communication de la ville de Morlaix, “le MOOC peut aussi intéresser les élus en les sensibilisant à la communication publique, à la concertation, aux contraintes et enjeux métiers par exemple.”

Des bénéfices pour les communicants

Le MOOC comme outil de management et d’auto-formation

Dans une logique managériale, les cours en ligne peuvent être de vrais espaces de formation continue au profit des agents. Les formats utilisés, les rythmes d’apprentissage, la place donnée aux interactions permettent de redistribuer les rôles entre apprenant et formateur pour une expérience d’apprentissage positive.

Le MOOC prend tout son sens dans une perspective de développement des compétences et de formation continue. Adieu le jonglage avec ses crédits d’heures au titre du DIF (Droit Individuel à la Formation), adieu les ulcères du dircom’ qui presse son agence à boucler son nouveau site internet avant son départ en formation. Place au choix… Bonjour l’auto-formation et l’enthousiasme retrouvé. Plus besoin d’argumenter la nécessité de suivre telle ou telle formation, en lien avec l’exercice de ses missions, si vous avez tout simplement envie d’apprendre l’araméen !

L’implication volontaire ne constitue t-elle pas le levier le plus efficace d’imprégnation et d’apprentissage ?

Le MOOC comme laboratoire d’idées et espace de co-working ?

“Nous avons besoin d’un tiers-lieu !”

Pour Marc Thébault, Directeur de la communication de Caen la mer, il faut se poser la question des besoins des communicants publics, qui doivent trouver des réponses à 3 niveaux :

  • redécouvrir les théories de la communication, trop souvent oubliées;
  • retrouver un espace d’échange sur ses problématiques professionnelles, où exprimer ses difficultés et apprendre de celles des autres;
  • reconquérir la créativité.

En bref, introduire la philosophie des fablabs dans la com’ publique.

La dynamique MOOC peut tout à fait créer des espaces de co-working : de ressources, de langage, de co-construction. Des espaces d’écoute et d’échanges véritables entre pairs de confiance où exposer ses difficultés, partager ses expériences, réveiller des questionnements que le communicant ne souhaitait plus se poser. Des espaces de brainstorming ou laboratoires d’idées où co-contsruire, s’inspirer, solutionner.

 

Existe-t-il des MOOCs pour nous, communicants publics ?

L’annuaire des Moocs francophones recense des cours qui peuvent intéresser les acteurs de la communication publique et notamment sur les thématiques du design et de la conception multimédia, du numérique, de la communication, du management, des sciences humaines.

Parmi eux, Marc Cervenanski nous recommande le MOOC de Rue 89 sur les réseaux sociaux qui s’adresse aux journalistes et responsables de la communication.
http://dai.ly/x1dd6xx
MOOC RÉSEAUX SOCIAUX Teaser par MOOCJournalisme

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Karen Wood juge le MOOC “Gestion de projet” de l’École Centrale de Lille formateur dans la mesure où il lui a permis de rassembler des savoir faire empiriques, d’identifier d’autres méthodologies et de valider certaines de ses pratiques.

 

 

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Peuvent également intéresser les communicants publics le MOOC “créer un plan de communication” de Neodemia, un autre de Rue 89 sur le data journalisme ou encore le MOOC de Cécile Dejoux, enseignante du Cnam, dont le cours “Du manager au leader 2.0” a été suivi par 36 000 inscrits.

 

Mais quid des formations spécifiquement adressées aux professionnels de l’intérêt général ? Les MOOCs semblent encore trop généralistes pour convenir à nos spécialistes, alors même qu’ils auraient vocation à s’adresser à des publics sensibles à la transmission d’information et de savoirs.

 

On peut charger le MOOC de beaucoup d’espoir pour la communication publique… Toujours est-il qu’il reste un format à expérimenter, ensemble.

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Camille Roux-Grave

Spécialisée en communication politique et publique, je me suis intéressée très tôt à l'émergence du web participatif qui permet, s'il est bien utilisé, de recréer du lien et de la proximité entre les acteurs publics et les citoyens.
 J'ai donc choisi de placer ces problématiques au cœur de ma démarche professionnelle, pour promouvoir des usages numériques innovants et les démocratiser. Et pour mener à bien mes missions, à 60% twittomane et à 40% facebookienne, je reste 100% connectée.

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