Le cyclotourisme a le vent dans le dos !

En 2020, la pandémie et les contraintes liées aux déplacements auront paradoxalement représenté une opportunité pour de nombreux acteurs du tourisme qui ont su mettre en avant les charmes et les avantages du tourisme hexagonal. L’occasion pour de nombreux touristes de (re)découvrir des activités et des équipements comme les voies vertes qui maillent le territoire. En quelques semaines, le cyclotourisme s’est même imposé comme la tendance de 2020.

Envie d’évasion et tourisme hexagonal forcé : le terreau du succès du cyclotourisme ?

L’été dernier, les pistes cyclables se sont ouvertes à de nouveaux adeptes : « dès l’annonce du déconfinement, le nombre de visites a explosé sur le site de Vélo Tourisme : plus 110 %, comparé à la même semaine, du 11 au 17 mai, de l’an dernier. Durant ces quelques jours, la fréquentation des 21 véloroutes françaises a bondi de 11 % ».

Un essor qui se sera confirmé, une fois l’été passé. C’est ce que nous apprend l’analyse de l’association « Vélo & Territoires » parue en septembre 2020 qui présente plusieurs chiffres intéressants à partir d’une analyse représentative des pratiques d’un panel de cyclistes :

  • Hors confinement, la fréquentation cyclable progresse de 29 % en 2020 par rapport à 2019
  • La fréquentation post-confinement progresse quel que soit l’environnement : +34 % en milieu urbain, +20 % en périurbain et +18 % en rural ;
  • La fréquentation sur les EuroVelo progresse de 9 % depuis le début de l’année par rapport à 2019 et de 31 % hors confinement ;

Cerise sur le gâteau (qui n’a pas vraiment à voir avec le cyclotourisme) : l’ensemble des villes et métropoles observées connaissent une évolution positive de leur fréquentation cyclable depuis la sortie du confinement : + 67 % pour la ville de Paris, +26 % pour la métropole européenne de Lille et +24 % pour la métropole de Lyon.

Au détour d’une piste cyclable à Bruxelles ©Fred Bedeau

Une tendance de fond

Au-delà de ce boom récent, la pratique du cyclotourisme semble s’imposer depuis plusieurs années comme une tendance en plein essor. Tendance qui devrait perdurer, renforcée par l’acquisition de nouveaux voyageurs. Le journal Society s’en faisait d’ailleurs l’écho dans un numéro de juillet dernier :  « Dans une étude menée en 2018, nous avions mesuré que 59% de la population française déclarait pratiquer le vélo alors qu’on tournait autour de 40% au début des années 2010, détaille Bertrand Houillon, porte-parole de la Fédération française de cyclotourisme. Et parmi ces utilisateurs, 45% en font pendant leurs vacances ».

Le numéro de Juillet 2020 du magazine Society consacrait une enquête au succès du cyclotourisme

Certains itinéraires ont ainsi fait le plein et illustrent ce succès : emblématique itinéraire du cyclotourisme, la Loire à Vélo a ainsi attiré 1,1 million de cyclistes en 2018. Un succès que rencontre d’autres itinéraires et qui représente une opportunité économique, en plus de la découverte du territoire, non négligeable. En effet les cyclotouristes sont là pour découvrir un territoire : ils visitent ses musées, consomment (le plus souvent local), et font halte dans les hôtels, gîtes, campings situés sur le territoire.

Autour d’une voie verte bien conçue et bien valorisée, c’est donc tout un territoire qui s’anime !

S’il est difficile de généraliser et de prêter à tous les cyclotouristes les mêmes motivations, plusieurs tendances touristiques, référencées dans le carnet des « Tendances et innovations touristiques 2020 » réalisé par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, émergent et font le terrain de ce succès. Parmi elles, on peut évoquer :

  • Le mouvement slowlife ou slowtourisme et ces touristes en quête de ressourcement, un tourisme qui fait l’éloge de la lenteur, de la douceur de vivre et du retour à l’essentiel. La crise du covid a entraîné une prise de conscience de la fragilité de notre éco-système conjugué pour beaucoup à un arrêt forcé du travail. Le confinement a appris aux Français à ralentir leur rythme, une habitude qui a survécu dans leurs vacances et leur quête d’apaisement.
  • La volonté de vivre des vacances plus vertueuses : un engagement environnemental croissant, une prise de conscience du bilan carbone lié à des vacances à l’étranger ou encore le « Flygskam » (honte de prendre l’avion) incitent de plus en plus de voyageurs à repenser leurs congés.
  • Les effets du tourisme de masse ou de « l’over-tourisme : la volonté de fuir les vacances « sérialisées », la volonté de fuir la foule ou les files d’attente devant les spots Instagram et de sortir des sentiers battus (à ce titre, impossible de ne pas citer ce spot de l’office du tourisme de Nouvelle-Zélande qui nous incite à ne pas voyager sous l’influence des réseaux sociaux)

Au-delà (ou au service) de la tendance, des aménagements durables

Certains pays ont la réputation d’être d’excellente destination cycliste. Parmi les pionniers, on peut évidemment citer les Pays-Bas qui ont masterisé l’aménagement cyclable. Les cyclistes sur leur piste cyclables séparées et réservées jouissent ainsi de leurs propres passages à niveau ou de leurs propres feux de signalisation. Les Langeafstand Fietsroutes ou LF-routes, routes longue distance, constituent un réseau national d’environ 4 500 kilomètres, balisé dans les deux sens.

Mais la bonne nouvelle c’est qu’à l’échelle européenne et nationale, l’offre se structure et promet de beaux jours aux cyclotouristes. On peut par exemple parler des 15 véloroutes européennes, les « eurovéloroutes », qui traversent le continent d’est en ouest et du nord au sud et qui totaliseront 70000 kilomètres lorsqu’elles seront achevées. Parmi celles qui traversent la France, vous pouvez ainsi rattraper l’itinéraire qui relie Trondheim en Norvège à Saint-Jacques de Compostelle, par la Scandibérique (EuroVélo3) ou longer les côtes bretonnes et normandes via la VéloMaritime qui pourrait vous conduire jusqu’à Kiev !

La Vélomaritime dont la charte graphique a été réalisée par Sennse (sous sa marque MMAP)

 

D’autres itinéraires uniquement français valent également le détour : on peut citer la Moselle à vélo, la Via Rhôna – qui traverse les départements de l’Ain, de la Savoie, du Rhône, de la Loire, de l’Isère, de l’Ardèche et de la Drôme, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, le Gard et l’Hérault ou encore la Via Allier qui longera bientôt la rivière Allier, de Brioude jusqu’au bec d’Allier, dans la Nièvre, permettant aux cyclistes de profiter du patrimoine de la Région et de se réapproprier ce patrimoine naturel exceptionnel que constitue l’Allier.

Pour se démarquer, les itinéraires pourront s’inspirer de la Loire à Vélo, qui fait office de pionnier à de nombreux égards et qui semblent détenir la bonne recette « Tout au long du parcours, les professionnels se mettent au service des cyclistes, en proposant par exemple le transport de bagages d’étape en étape. La Loire à Vélo a également beaucoup travaillé sur la charte qualité, la signalétique et le site Internet, et va maintenant développer des équipements indispensables comme les toilettes, les points d’eau, etc ».

Nos équipes en repérage sur l’un des itinéraires cyclables régionaux de Bruxelles ©Fred Bedeau

De là à s’imaginer sur les routes, cet été : il n’y a qu’un pas !

Image de couverture : la vélomaritime au Mont Saint Michel ©Emmanuel-Berthier
[post-views]
Partager
Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn

Marie Latirre

Consultante au planning stratégique / new business de l'agence Sennse depuis 2 ans et diplômée du Magistère de la communication du CELSA, Marie est férue d'innovations en matière d'urbanisme !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *