Qu’arrive-t-il au marketing territorial ?
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Qu’arrive-t-il au marketing territorial ?

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Qu’arrive-t-il au marketing territorial ?

Dans « marketing territorial » il y a « marketing », cela n’aura échappé à personne. Je copie/colle la définition du Mercator « Le marketing est un [des] moyen[s] d’action qu’utilisent les organisations pour influencer en leur faveur le comportement des publics dont elles dépendent » pour que l’on parte sur de bonnes bases. Cette petite phrase sous-entend assez clairement me semble-t-il qu’il y a réflexion dans toute action puisque recherche d’influence. Toujours d’accord ?

Le marketing territorial roi du calembour

Mais alors, qu’arrive-t-il au marketing territorial ? Quelle est cette douce folie qui pousse certains représentants de territoires à se contenter d’un logotype plus ou moins réussi (je ne m’aventurerai cependant pas sur le terrain des goûts et des couleurs, un président élu d’une entité territoriale ayant par définition les clefs du bon goût…) et surtout d’un nom ou d’une signature oscillant entre le gag, le calembour et le non vérifié ?

OnlyLyon qui est une réussite à tous points de vue a créé depuis 2007 chez les décideurs et certains de leurs conseils un symptôme de l’imitation tous azimuts. Quand l’anagramme n’est pas possible (eh oui, ça ne peut pas fonctionner à chaque fois et Lyon a réussi un très joli coup), on se lâche et c’est la fête au superlatif sans relief, au jeu de mot façon Grosses Têtes ou à la rime pauvre comme Job.

« In Seine » ça se prononce « insane »

Le marketing étant le travail le plus facile à faire après qu’il a déjà été réalisé, je m’abstiendrai de balancer sur des confrères dont je partage les difficultés quotidiennes, depuis l’exposé des concepts au choix des principes créatifs. J’en appellerai donc à la responsabilité des élus et services qui les éclairent sur ces décisions en matière de marketing territorial : ne cédez pas à la tentation, abstenez-vous du jeu de mot incluant le nom de votre communauté d’agglomération, un bon mot ne fait pas rire plus longtemps que quelques secondes. Si vous choisissez de vous exprimer en anglais faites-le parce que cela correspondra à un positionnement ; et par pitié, vérifiez le sens de votre signature dans la langue Molièro-Shakespearesque que vous aurez créée. « In Seine » c’est peut-être très US friendly mais ça se prononce « insane » et signifie fou !

Le marketing territorial ne peut pas être la marotte du moment car il entraîne dans son sillage des questions économiques, financières, culturelles, universitaires, industrielles, touristiques, gastronomiques, etc. Des vies, des emplois, des entreprises, des institutions qui font (ou défont) la pertinence d’une idée partagée.

La première question à se poser est simplement celle de la pertinence de la démarche. Avant d’exercer une créativité exacerbée qui viendra toujours à temps.

Un Commentaire

  • VILLEGER dit :

    Oui, le marketing territorial ne doit pas être la marotte du moment ! L’attractivité et l’identité d’un territoire ne se réduisent surement pas au logotype. Il ne doit pas se confondre avec des caprices de marketing politique, au pire, ou même – au mieux – avec une volonté de communiquer sur « son » institution décentralisée ; pour cela, il y a la communication publique et territoriale de ladite institution. L’attractivité du territoire est l’objectif, auquel souscrivent (enfin ce serait pour le moins le minimum) la très grande majorité des acteurs locaux, publics ou privés, le marketing territorial n’est qu’un outil, et ce n’est déjà pas si mal. Il ne se confond pas non plus avec marque de territoire. On peut mettre en place des démarches concertées, communes à des acteurs locaux en faveur de l’attractivité (une bannière commune, une signature, une action de promotion sur des salons économiques etc.) sans pour autant créer ce qui n’est pas toujours l’alpha et l’omega du marketing territorial, THE marque ! Mais quand on choisit cet outil là, alors oui, il est exigeant …
    Merci pour ce billet d’humeur plein d’humour, les marketeurs territoriaux n’en manquent pas, surtout quand il s’agit de répondre NON aux demandes saugrenues ; et oui, parfois, il y en a …

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