Toulouse, une véritable stratégie digitale

good persuasive essaysp>À l’heure où les collectivités investissent de plus en plus les réseaux sociaux, les études sur leurs différentes stratégies digitales et performances sur les réseaux sociaux se multiplient. Comparaisons et évaluations accompagnent inévitablement le phénomène dans son déploiement.  Zoom sur la stratégie 2.0 de la Ville de Toulouse.
En 2010, une étude sur les réseaux sociaux et les grandes villes* réalisée par l”agence Adverbia soulevait un problème :  la page de la ville possédait 100 fois moins de fans que la page indépendante “I love Toulouse”. Un article paru dans 20 minutes titrait alors “la ville ne voit pas facebook en rose”. Depuis, la ville a bien progressé sur la plateforme. Une récente infographie, réalisée par l’Institut Edgar Quinet et publiée en mars 2012 place la Ville de Toulouse à la 6ème place  du Top 10 des villes sur Facebook, et à la 5ème du Top 5 du nombre de followers par ville.  On peut toutefois reprocher à cette étude le choix de ses critères trop restrictifs. Les collectivités n”y sont en effet évaluées qu”au travers d”un filtre quantitatif. Or, collectionner un grand nombre de fans et de followers ne suffit plus aujourd”hui à une présence en ligne réussie. Que se cache-t-il derrière ces chiffres qui placent Toulouse au rang des bons élèves et qu’en est-il réellement de la stratégie digitale de la ville ? Entretien avec Erwane Monthubert, conseillère Déléguée aux TIC à la Ville de Toulouse.
Blog-territorial : En quelques mots, comment définiriez-vous la stratégie digitale de Toulouse ?

Erwane Monthubert : Nous avons une stratégie digitale très volontariste, de façon à rendre un maximum de services aux citoyens, les faire participer le plus possible et également permettre la transparence démocratique et le développement économique.
“Les services com’ sont mutualisés.”

B –T : En interne, qui a impulsé la mise en place d’une telle stratégie et comment s’organise-t-elle en termes de services?

E.M. : C’était d’abord une demande d’élus qui a été mise en place par la direction de la communication avec la création d’un pôle numérique. Nous avons un pôle digital,  un pôle médias numériques avec un responsable digital, et nous avons embauché des community managers. Un pour la Ville de Toulouse et un pour la Communauté urbaine du Grand Toulouse. Les services com’ sont mutualisés. Nous avons aussi des équipes qui travaillent sur la création des contenus vidéos et qui alimentent le compte Dailymotion très régulièrement, a minima de manière hebdomadaire.

“On connaît un succès quantitatif et qualitatif important avec une communauté forte de 20 000 personnes.”

B-T : À quels réseaux sociaux s’étend votre présence en ligne ?


E.M. : Pour ce qui est de la présence de la Ville de Toulouse sur les médias sociaux, on a commencé dès 2009, Ce portail est une sorte de moteur de recherche sur internet pour casino francais en direct sur Internet. avec Facebook, Twitter, et maintenant nous sommes aussi présents sur Dailymotion, Flickr, Foursquare, Instagram et Scoop.it. On connaît un succès quantitatif et qualitatif important avec une communauté forte de 20 000 personnes qui gravitent autour du site Toulouse.fr. Cela nous permet une personnalisation d’informations pour s’adapter aux cibles, d’avoir une image vraiment positive auprès des relais et des leaders d’opinion, et enfin de développer une image de ville novatrice sur le Web.
“Cette stratégie s’accompagne d’un travail  politique positif de réduction de la fracture numérique.”

B -T : Quelles sont les cibles de votre stratégie sur les réseaux sociaux ?

E.M. : On a développé une grande communauté de laquelle on a des retours extrêmement positifs. On s’aperçoit que la cible principale correspond aux internautes toulousains bien sûr, mais que le cœur de cible concerne quand même davantage les jeunes actifs de 20 à 40 ans. On ne touche pas absolument toutes les parties de la population toulousaine par cette stratégie. C’est pour ça que cette stratégie s’accompagne d’un travail  politique positif de réduction de la fracture numérique auprès des jeunes avec la mission locale et auprès des seniors avec le conseil municipal des seniors, entre autres.

“Nous avons également développé un projet d’Open Data très ambitieux.”

B-T : Pour aller plus loin, avez-vous une stratégie en termes d”Open Data ?
E.M. : Oui, parallèlement à ce travail sur les réseaux sociaux, nous avons également développé un projet d’Open Data très ambitieux, avec l’ouverture d’un portail sur lequel nous avons maintenant une communauté d’agissants au niveau citoyen et que nous alimentons de données rares comme les données budgétaires de la ville de Toulouse et de la Communauté Urbaine du Grand Toulouse. Les deux projets sont liés dans notre esprit puisqu’ils permettent de multiplier les biais d’accès à l’information.
La Ville de Toulouse a trouvé la recette qui marche en matière de stratégie 2.0 et s”ouvre même au 3.0. Une approche multi-réseaux, un site mobile, des supports qui gravitent autour d’un site portail, le tout combiné à l’ouverture de ses données publiques. Il n’y pas une stratégie mais des stratégies, comprises dans un plan global. Sans oublier l’implication essentielle des élus et des services : cette stratégie s’appuie avant tout sur une démarche volontaire de leur part. Preuve de sa réussite, la Ville est relativement reconnue dans son travail sur les réseaux sociaux et se voit régulièrement contactée par d’autres villes françaises ou européennes. Sa stratégie digitale et l’organisation interne qui en dépend  font office d’exemples dans le monde local.
* Une nouvelle version 2012 est en cours de préparation et sera publiée dans quelques mois.

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