Les transports en commun donnent des ailes

Et si le transport par câble aérien était l’alternative aux réseaux de transports en commun saturés dans les grandes agglomérations françaises ?

Ce qui paraît encore insolite aujourd’hui s’envisage de plus en plus comme une réalité dans l’avenir.

La première loi issue du Grenelle Environnement de 2009 a identifié clairement les transports par câble parmi les alternatives pouvant apporter des réponses performantes à l’objectif de réduction des nuisances et des émissions de gaz à effet de serre.

Le transport par câble aérien correspond notamment aux télécabines (installations équipées d’une ou deux cabines généralement de grande dimension, leur capacité variant d’environ 30 à 200 personnes, circulant en aller-retour sur des câbles porteurs) et aux téléphériques (installations équipées de cabines plus petites, leur capacité unitaire étant comprise entre 4 et 40 personnes, circulant sur une boucle suivant un mouvement unidirectionnel). Il est associé essentiellement à des systèmes de déplacement réservés aux zones touristiques de montagne (pour le transport des skieurs notamment), permettant le franchissement d’obstacles imposés par le relief montagnard. Son utilisation est également possible en milieu urbain, où il permet le franchissement d’obstacles tels que les fleuves et les infrastructures lourdes comme les gares et les autoroutes.

Il se développe depuis plusieurs années à l’étranger : la première télécabine urbaine au monde est celle de Medellín, en Colombie. Appelée Métrocable, sa première ligne a été installée en 2004 et, suite au grand succès rencontré, deux lignes supplémentaires ont été construites. D’autres villes étrangères intègrent également complètement les télécabines et les téléphériques dans leur réseau de transport en commun, c’est le cas de Caracas, Rio de Janeiro, New York, Portland, Alger, Constantine….
En France, Grenoble a ouvert en 1934 et modernisé en 1976 le téléphérique de la Bastille qui est le plus ancien transport urbain par téléphérique du monde, et le seul en France actuellement. Mais un certain nombre de collectivités territoriales, en métropole ou dans les départements d’outre-mer, se sont engagées dans l’étude de projets concrets dont le plus abouti se situe à Brest .
A Paris, le seul projet envisagé assurerait la courte mais laborieuse liaison entre les gares de Lyon, rive droite, et Austerlitz, rive gauche.

Dernièrement, un projet de R&D a été lancé pour développer le transport urbain par câble. Dans le cadre du consortium, la RATP a inauguré un partenariat de recherche et développement avec le groupe Eiffage et le spécialiste du transport par câbles Poma, ainsi que d’autres structures de recherches telles que la Sorbonne et les écoles d’ingénieurs Ensta et Centrale Lyon.

La société EFCABLES (Grenoble) s’est attachée à faire la comparaison entre les caractéristiques des divers modes de transport. Elle met en évidence le fait que le transport par câble aérien a non seulement toutes les caractéristiques d’un bon mode de transport collectif, mais souvent aussi les meilleures caractéristiques de tous les modes motorisés, pour la collectivité comme pour les utilisateurs : consommation d’énergie, coût d’investissement, coût de fonctionnement et d’entretien :

  • le câble consomme 4 à 5 fois moins d’énergie que le tram par passager/km,
  • le câble coûte au moins 5 fois moins cher en investissement et a un coût d’exploitation ridicule,
  • avec un véhicule toutes les 10 à 30 secondes selon les techniques utilisées, le câble permet un transport fluide et d’éviter les attentes qui pénalisent les temps de transports,
  • le câble a un effet attractif très élevé, comme le montrent toutes les installations en service public actuelles.

Cependant, des inconvénients peuvent être identifiés : le système de transport par câble aérien requiert une installation lourde et périlleuse (poteaux, câbles et stations) qui peut dénaturer le paysage urbain déjà chargé dans les villes denses en infrastructures. Le problème d’acceptation peut également se poser : le système étant associé spécifiquement au transport de montagne en France. En ce qui concerne le fonctionnement, le système de transport par câble aérien impose des ruptures de charge fortement contraignantes, dont l’accessibilité peut être difficilement assurée.

Pour palier à toutes ces difficultés, le projet de transport urbain par câble aérien doit donc s’envisager comme une mesure de long terme, il est nécessaire de penser à sa bonne intégration dans le paysage urbain. Le lieu d’échange doit être aménagé le plus pratiquement possible de façon à limiter la gêne causée par les ruptures de charge : confort d’usage, correspondances de quai à quai, faible temps d’attente… De plus, il faut s’assurer en amont de la capacité du système à prévoir pour la mise en service et celle à prévoir dans l’avenir en cas de hausse de fréquentation (cabines supplémentaires mises en circulation, augmentation de la vitesse de circulation, augmentation de la capacité des cabines en circulation).

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Loré Monnet

Etudiante en Master 2 Marketing et Communication publics à l’Institut de Management Public et de Gouvernance Territoriale d’Aix-en-Provence, j’ai rejoint l’agence Sennse durant mon stage en tant qu’Assistante chef de projet pour commencer ma vie professionnelle. Mon intérêt pour la chose publique combiné à celui que je porte pour le numérique et les nouvelles pratiques digitales guident ma curiosité et mon envie d’apporter ma pierre à l’édifice.

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