Le monde vu avec Tinder

tindermairieLe journal Le Monde vient de lancer une nouvelle application mobile : La Matinale du Monde. Une sélection d’infos vous est envoyée chaque matin sur votre mobile, sous forme de cartes à sélectionner pour une lecture ultérieure. Vous gardez ou vous jetez, d’un geste du doigt sur votre écran tactile, à droite ou à gauche. Ça ne vous rappelle rien ?

C’est le même principe qu’une autre application mobile, cette fois-ci de rencontres : Tinder. Vous ne connaissez pas ? Sur l’écran de votre smartphone s’affichent des profils de rencontres potentielles localisées autour de vous. Vous faites glisser avec le doigt à gauche si vous n’aimez pas le profil et à droite si vous l’aimez, en vue d’un éventuel contact si la personne effectue le même geste sur votre profil.

Du méga speed dating en quelque sorte. Quelques secondes pour évaluer quelqu’un. J’aime, j’aime pas. J’ai envie ou je jette, instantanément.

Ce type de consommation, parce que c’est bien de cela dont nous parlons, est facile, ludique. Cela peut même devenir addictif dans une logique d’avoir toujours plus de choix à disposition. Avec une date d’obsolescence programmée.

Super rapide

Comme le déclare un témoin dans un récent article de Rue 89 : « c’est une sorte de supermarché (…) de la rencontre. C’est super facile. Tu as plus d’offres et c’est très rapide. »

« Vu qu’on devient nous-mêmes des produits, on subit les mêmes lois que tous les produits qu’on achète. Tout se remplace hyper vite, même nos histoires d’amour » constate pour sa part France Ortelli, auteur du documentaire Love me tinder.

Le journal Le Monde adopte donc le même principe que Tinder pour vendre son information. Quelques secondes pour évaluer si vous avez envie ou non de lire une actualité. Les deux applications ont compris l’intérêt de la gamification. Pas de prise de tête, pas d’appel à l’intelligence ou à la réflexion mais plutôt à l’envie du moment et à tous les préjugés que l’on peut avoir en tête. “Je sais d’emblée ce qui va m’intéresser ou pas”.

Imaginez ce que pourrait donner le même type d’application en communication publique : le menu de la cantine de la semaine ? Beurk, je glisse à gauche. La rénovation du jardin public ? Sympa, je glisse à droite. La police municipale ? Hé ho, je suis pas à Béziers, je zappe… Ça pourrait être tellement plus drôle le service public en jouant.

Pour finir cette chronique sur une note légère, concluons avec cette vidéo : Tester Tinder avec un enfant.

 

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