Je laisse des traces partout

Je ne suis pas né de la dernière pluie. Vous non plus. Vous savez forcément que Google s’enrichit grâce à toutes les données personnelles que nous lui fournissons gratuitement. Pour ceux qui auraient oublié, je vous recommande cette vidéo, projetée lors du carrefour numérique sur le Big Datas, au dernier forum Cap Com. Mais avec tous les services gratuits que le géant de l’internet américain nous propose, nous avons tendance à un peu trop oublier ces collectes de tous nos actes quotidiens dès qu’ils passent par un terminal connecté. J’ai beau savoir, il a fallu que j’égare mon smartphone pour mieux en prendre conscience.

Précieux, mon beau précieux…

Voici quelques semaines, j’égare mon précieux mobile. Oublié quelque part, perdu, volé ? La panique commence à poindre lorsque je me rend compte que cet appareil contient plus de données personnelles que mon portefeuille. Que faire ? Précision qui a son importance, l’appareil fonctionne sous Android, le système de navigation de Google. J’ai alors l’idée d’utiliser le moteur de recherche que 9/10e des internautes emploient aujourd’hui et lance une requête “localiser son mobile Android”. Quelle n’est pas ma surprise de découvrir que mon ami Google propose un service pour localiser son précieux : Google Device Manager. Une fois identifié via mon compte Gmail, j’ai la possibilité de faire sonner mon appareil, de le verrouiller et même d’effacer toutes les données qu’il contient. Cerise sur le gâteau, je visualise même l’endroit où il se trouve à l’instant même sur une carte… Google.

Ouah, trop cool : je l’avais en fait oublié à la cantine. Trop content. Oui, mais… Cela signifie aussi que Google sait en permanence où se trouve mon appareil. Et pas que Google d’ailleurs. Apple est aussi bien renseigné quant à votre utilisation de votre iphone. Itou pour les différents opérateurs ou fournisseurs de services mobiles.. Ça interroge… Mais ce n’est pas fini.

Un article récent paru dans la magazine Challenges nous apprend que non seulement Google mémorise tous vos déplacements grâce à votre mobile, mais en plus, vous y avez accès.

Il vous suffit de vous rendre sur ce site : https://maps.google.com/locationhistory/b/0/ Seules conditions requises : avoir un compte Gmail installé sur votre mobile et avoir coché (ou oublié d’avoir décoché) l’option de géolocalisation de Google maps (indispensable si vous souhaitez utiliser ces services).

Ce n’est que le début

Et là, merveille ou horreur, c’est selon : jour par jour, heure par heure, vous pouvez visualiser le tracé de tous vos déplacements. Regardez, le 10 décembre 2013, vous pouvez vérifier : j’étais bien à La Rochelle, au forum Cap Com à l’espace Encan. Vous pourrez également localiser, entre autres, l’hôtel où j’ai passé la nuit et accessoirement le bar où nous sommes allés boire un verre en soirée, avec mes camarades communicants.

Et de vous de me rétorquer : “rien ne t’oblige à être géolocalisé : désinstalle Gmail, n’utilise plus Google maps, et hop, tu retrouves un relatif anonymat” (parce que l’opérateur téléphonique va, lui, continuer à savoir où je suis). Mais c’est là où Google est très fort. C’est là où ce que l’on appelle le “Big data” a sans doute de beaux jours devant lui : ce qui pourrait être assimilé à de la surveillance, à la fin déjà actée de la vie privée prend des contours de services pratiques devenus indispensables. Services qui nous facilitent la vie au quotidien et occultent toute utilisation pernicieuse des données collectées sur notre personne.

Mais ce n’est que le début : il ne s’agit plus de savoir où je vais, ce que je consomme, ce que je regarde sur internet pour mieux cibler les publicités qui vont s’afficher sur mes écrans. La quantité de données que je laisse partout vont également permettre d’anticiper ce que je vais faire. Il suffit d’étudier sur une période suffisamment longue mes activités pour prédire que le week-end prochain j’ai 72% de chances d’aller dîner à tel restaurant, 99% de chances d’aller acheter ma baguette à la boulangerie boulevard Gallieni, et 0,1% de courir 15 km dans le bois du Burck. Et ici j’ai cité des exemples d’activités relativement anodines.

Google vient d’être condamné à 150 000 euros d’amende par la CNIL, n’en a visiblement que faire et ne compte pas se conformer au droit français en matière de confidentialité des données sur internet.

Et vous, avez-vous décoché la géolocalisation automatique sur votre mobile ?

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Une pensée sur “Je laisse des traces partout

  • 24 janvier 2014 à 14 h 09 min
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    Sur ce blog on discute vraiment de tout, on se sent une vraie liberté d’expression !

Commentaires fermés.