La France, un état d’ébriété

par Jean-François d’Argent Dans son rapport sur l’alcoolisme en France, Hervé Chabalier soulignait l’importance de “l’émergence de relais d’opinion sur la question pour relancer la politique de santé publique en matière d’alcool.” L’alcool est la deuxième cause de mortalité en France, mais bénéficie toujours d’un regard plus conciliant contrairement à la cigarette. Retour sur un vrai problème de société.   Cinq millions de Français sont des consommateurs d’alcool réguliers ! À l’origine de 45.000 décès en moyenne par an, dont plus de 10.000 cancers et 9.000 cirrhoses, l’alcool est un véritable fléau qui touche toutes les générations. Tous les ans, 6.000 enfants en moyenne naissent avec des malformations causées par une consommation régulière d’alcool durant la grossesse. 600.000 femmes sont des alcoolo-dépendantes. Les Français et l’alcool : le problème est grave   Les     chiffres    parlent     d’eux-mêmes…  Les Français ont un problème avec l’alcool qui fait partie depuis des générations de leur culture. On l’associe volontiers au terroir, aux traditions préservées, à la gastronomie qui font notre renommée partout dans le monde. C’est l’adjuvant aux plaisirs festifs, aux bons moments entre amis, au savoir-vivre. 42,5 millions de Français avouent consommer de l’alcool durant l’année. 39,4 millions sont des consommateurs réguliers (3 fois par semaine pour les adultes, 10 fois par mois pour les adolescents). En 2005, 15 % des adultes ont reconnu avoir eu une période d’ivresse. On estime que deux millions de Français sont des alcoolo-dépendants. La France est l’un des pays qui consomme le plus d’alcool en Europe. Le vin est évidemment le préféré des 18-75 ans. Le premier verre est consommé dès 14. Les conséquences, quant à elles, font peur : – Entre 700 et 3.000 enfants susceptibles d’être atteints du syndrome d’alcoolisation fœtale à l’origine de graves handicaps – 1 accident du travail sur 5 est lié à l’alcool – 1 accident de la route sur 3 est imputable à l’alcool (900 décès en 2004)   Les jeunes, cible privilégiée des alcooliers 19 % des adolescents de sexe masculin de 17 à 19 ans sont des buveurs réguliers. L’ivresse est recherchée ; elle est souvent associée à la prise d’autres produits comme le cannabis et l’ecstasy. Première cause de mortalité chez les 15-30 ans, l’alcool est aussi à l’origine de comportements extrêmes : relations sexuelles non-protégées, suicides et violences. Entre 2000 et 2003, les études révèlent une hausse de la consommation d’alcool de 4,4 % chez les jeunes, passant de 10,9 % à 14,5 %. Le rapport Chabalier rappelle d’ailleurs que les jeunes, cible privilégiée que les alcooliers souhaitent fidéliser.   Alors que la consommation de tabac a été ramenée entre 2000 et 2003 de 41,9 % à 38,1 % chez les personnes âgées de 17 ans, la consommation d’alcool décolle, en 2003, passant de 16 % à 21,2 %. La montée en puissance des Premix et des alcopops est éloquente en France. Ces produits dérivés rendent flou la distinction entre boisson alcoolisée et non-alcoolisée….   Lire la suite>>>   Placés dans les rayons des jus de fruits et des sodas dans les grandes surfaces, ils séduisent même les parents qui en achètent pour les fêtes et anniversaires de leurs enfants. Boire un Premix revient pourtant à consommer une bière de 25 cl, 4 cl d’alcool fort ou un verre de vin. Les jeunes sont aussi en première ligne sur la route. 38,5 % des accidents de la route concernaient un jeune âgé entre 18 et 24 ans, soit presque 1 tué par jour. Certes les chiffres s’améliorent nous dit la Sécurité routière. Mais avec 1.300 tués, 31.666 blessés graves et 8.982 blessés légers, le bilan demeure lourd… La hausse des accidents dus à l’alcool chez les 18-24 ans est toujours d’actualité !   L’alcoolisme a un coût social exorbitant L’alcoolisme a évidemment des répercussions économiques importantes pour la collectivité : plus de 17 milliards d’euros soit 1,42 du PIB. Avec un bilan dramatique : 45 000 décès prématurés et environ 60 000 autres imputables à l’alcool. À titre de comparaison, le coût social du tabac représente 0,8 % du PIB, celui des stupéfiants 0,16 % du PIB. Les discours simplistes consistent à dire que légiférer est une atteinte à la liberté individuelle. Mais pourquoi alors avoir légiféré aussi sévèrement sur la cigarette ? La même logique devrait donc s’appliquer à ce qui nuit à la santé publique et à la collectivité en général, d’autant plus que la lutte conte le cancer est l’une des priorités du Président de la République. Il faut croire que le lobby économique pèse lourdement dans la balance des décisions. Le marché des alcools génère en moyenne un chiffre d’affaires de 13 milliards d’euros.    Il représente 60 % de l’excédent des échanges commerciaux agroalimentaires en France. Prendre des mesures aussi répressives que celles contre la cigarette est-il concevable dans notre pays, qui est rappelons-le le cinquième producteur européen ? Il y a là une hypocrisie évidente qui montre que les logiques économiques l’emportent sur la santé publique. La lutte contre l’alcoolisme passe sans doute par des prises de consciences. Mais peut-on lutter efficacement contre un tel fléau ? A priori non si nous considérons les simples faits suivants. Le budget de communication de tous les alcooliers réunis, hors presse gratuite, était en 2003 de 237 505 000 euros selon TNS Media Intelligence. Le budget de communication de l’INPES pour la prévention était, en 2005, de 4,5 millions d’euros seulement. Une goutte d’eau dans les 13,1 litres d’alcool pur consommés par habitant de 15 ans ou plus durant l’année (ch
iffre 2004) ! Même si désormais l’Irlande et la Tchéquie devancent la France en matière de consommation d’alcool en Europe, il y a de quoi être perplexe tant l’engagement citoyen sur la problématique de l’alcool demeure faible en France.   Customer Reviews at eShopperForum.com              Cliquez pour envoyer un commentaire audio Votez pour cet article sur "Fuzz !" #menu #soc { background-position:100% -150px; border-width:0; } #menu #soc a { background-position:0% -150px; color:#333; padding-bottom:5px; } .divTitreArticle h2, .infoExtrait { border-bottom: 1px solid #853333; background-image: url(https://idata.over-blog.com/0/18/46/70/article/societe.png); padding-top:10px; background-position: top left; background-repeat: no-repeat; background-color: transparent; }

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46 pensées sur “La France, un état d’ébriété

  • 10 novembre 2006 à 7 h 40 min
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    Pour les conséquences, même si c’est aussi abordé dans ce très bon article (comme quoi je ne fais pas que râler), il y a aussi toutes les conséquences annexes dûes au côté désinhibant de l’alcool et révélateur d’une personnalité violente et agressive. Plus de 70 % des agressions et des morts violentes ont été commises ou subies par des personnes en état d’ébriété, l’alcool libérant à la fois les comportements agressifs et provocateurs. Sans compter les « dommages colatéraux ».
    Lorsque l’on croise un individu en état d’ébriété, généralement, la réaction première est de sourire… Il y a une grande indulgence à ce niveau. Il est vrai que l’alcool n’engendre pas forcément une agressivité, et l’image associée à l’alcool reste encore la fête, un moment agréable en bonne compagnie…
    Or on minimise aussi les incidences d’une forte consommation d’alcool qui peut être… mortelle.
    Ces fameux jeux (Roi etc.) où le but est de boire le plus de quantité d’alcool, ce que nos amis Québécois appellent le calage. Coma et mort peuvent en être le prix à gagner…
    Modération est le mot d’ordre… comme toute chose en fait.

  • 10 novembre 2006 à 7 h 49 min
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    Oups trop vite
    En précisant tout de même, que le but n’est pas de jeter la pierre. N’oublions pas que pour la grande majorité, la personne alcoolo-dépendante est aussi une personne en souffrance.

  • 10 novembre 2006 à 8 h 09 min
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    Hé oui… mais n’est-ce pas parce qu’il y a de gros intérêts financiers derrière tout ça ?

    Voilà par exemple comment le lobby des alccoliers évoqué par Jef parle d’un "lobby anti-vin" et s’attaque au rapport Chabalier :

    http://www.vitisphere.com/dossier-49555.htm

  • 10 novembre 2006 à 8 h 21 min
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    Mdrrr !
    Quand on n’a plus d’argument, on attaque la personne…

    Bien sûr qu’il y a de gros enjeux financiers, et même politique
    Faut pas s’étonner si l’interdiction du tabac a été repoussée, élection oblige… Alors qu’ils sont moins pesant que les alcooliers.

  • 10 novembre 2006 à 1 h 17 min
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    J’ai même lu, pour poursuivre le commentaire d’Eric, que certains alcooliers reprenaient la fameuse pub où Pasteur dit que le vin est bon à la santé. Tout est évidemment bon à la santé et tout peut aussi être mauvais à la santé. Ce qui est aberrant, selon moi, c’est que d’un côté on légifère en réprimant soulignant que le tabac est à l’origine de nombreux cancers, que ces cancers ont un coût pour la société et que l’Etat a fait du cancer sa priorité absolue. De l’autre, on tend à assouplir les lois et l’UE va dans ce sens aussi pour ne pas se coltiner le lobby économique ultra puissant des alcooliers. Affligeant ! Le rapport Chabalier, à sa parution, n’a pas autant que je m’en souvienne eu tout le battage médiatique qu’il aurait dû avoir. Est-ce parce que les grands media ont eu peur d’une coupe de leurs budgets publicitaires ?

  • 10 novembre 2006 à 3 h 17 min
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    Oui Morpheus, tu fais bien de rappeler que la personne alcoolo-dépendante est aussi (et surtout, non?) une personne en souffrance… je rajouterais même une personne atteinte de maladie.

    Pendant des années, on a joué avec les images (la cigarette symbole de convivialité ou d’aventure des années 60 aux années 80… idem pour l’alcool, avec les images que tu évoques Jef !)… et autant je suis d’accord pour intensifier le rôle de prévention et d’information des pouvoirs publics en la matière, avec un discours responsable et clair, relayé avec pédagogie par les collectivités territoriales, ce que tu suggères d’ailleurs Jef… autant je suis farouchement opposé à toutes formes de prohibition et d’interdiction – des mesures qui nous "deresponsabilisent", empiètent sur nos libertés indivduelles et, auprès des jeunes, auront l’effet inverse à celui escompté (par simple envie de transgression). Quitte à me faire l’avocat du diable, la transition me semble un peu rude pour les cafetiers ! Mais les Français y semblent favorables donc cela n’engage que moi 🙂

  • 10 novembre 2006 à 3 h 36 min
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    Bel article en effet. Mais on vit dans quel monde ? Vivre est dangereux ! Dans notre société on piste le risque comme une calamité. Politique sécuritaire pour viser le risque « zéro », tout en reconnaissant, dans un sursaut de lucidité, que ce dernier n’existe pas ! Depuis l’enfance on nous serine: attention en traversant la rue, attention en montant dans l’arbre, attention aux couteaux, attention ça brûle, pour continuer, attention aux rapports sexuels non protégés, attention ne mange pas trop, attention tu ne fais pas de sport, attention tu fait trop de sport. Mieux vaut mourir de suite, c’est plus sur ! La vie est une maladie sexuellement transmissible qui se termine inéluctablement par la mort… (un dérivé de Willy Rozenbaum ;o) Et le plaisir alors ? Et la jouissance ? Sommes-nous dans une civilisation où le plaisir est banni. Nos racines rabelaisiennes s’identifient mal dans cette vie toute propre, sans risque ! On ne boit pas, on ne fume pas…. Et on ne ba… pas ! L’équilibre parfait… Nous sommes dans une société où l’obssessionnalisation des comportements donne un apparente maîtrise sur les choses. « Je dirige, je contrôle, je maitrise ». L’obsessionnel parfait ne fait que reproduire à l’infini un schéma qu’il ne cesse de perfectionner par petite touche. Comme la spirale de l’escargot, petit à petit il se referme sur lui-même. Arrêter le désordre… De l’ordre, de la rigueur… Mais la vie oscille entre ordre et désordre, entre mesure et démesure. Toutes les civilisations connaissent leurs drogues. Aussi loin qu’on puisse remonter dans l’humanité ou dans les sociétés primitives on trouve ces excès. Ne diabolisons pas ce qui fait parti de nos plaisirs. Goûter, boire, se remplir, nous renvoi à un comportement oral infantile qui nous rassure. Et qui peut être sublimée comme dans notre pays où le vin renvoie en effet au terroir nourricier. Et la médecine n’est pas que négative ! Depuis l’antiquité le vin est considéré comme un médicament. Il contient des substances antioxydantes, anti –inflammatoires et anti-plaquettaires. Il a été prouvé que la consommation modérée de vin diminue la mortalité cardiovasculaire (études anglo-saxonne, française et américaine…). Donc, oui l’abus d’alcool est dangereux, mais comme tout abus. Sachons raisons garder ! Et surtout savoir s’arrêter. Quand aux marchands qui profitent, oui ils existent, et sont de vrais calamités, en particulier dans les écoles de commerce. Mais tout système secrète ses perversions.

  • 11 novembre 2006 à 5 h 50 min
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    Kant, vous avez su mettre les mots sur des questions fortes qui me traversent et concernent l’évolution de la société française depuis une génération (en gros la mienne).

    J’ai l’impression que depuis le début des années 70 (dommage qu’étant trop jeune je n’ai pas eu vraiment le temps d’en profiter), on est passé d’une société de confort à une société du conformisme, et que la perte des libertés individuelles s’est accompagnée d’une terrible infantilisation des citoyens par l’État… générant chez les jeunes une "peur de vivre" assez extraordinaire, qui touche effectivement tous domaines : la sexualité, l’alimentation, la boisson, la cigarette etc… en gros, tout ce qui était source de plaisir est devenu "source de danger" ! A quand des mentions obligatoires sur les faire-parts de naissance "Vivre nuit gravement à la santé" ?!

    Il est d’ailleurs assez amusant que cet "ordre moral" nouveau soit souvent prôné par des anciens hippies aujourd’hui intégrés à la société (les "fameux" déçus de 68)…. ceux-là même qui s’autorisaient toutes les audaces et tous les délires quand ils avaient vingt ans.

    D’où également tous les abus et formes d’excès chez certains jeunes, par simple envie de transgresser cet "ordre" prôné par un pouvoir dans lequel il ne se reconnaissent pas… ce qui nécessite donc, à mon sens, un discours vrai clair et "mature" des pouvoirs publics, comme le suggère Jef, sur les dangers des abus… mais qui ne passe certainement pas par une "diabolisation" ou une "prohibition" du législateur !

  • 11 novembre 2006 à 6 h 15 min
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    Rester dans sa coquille, et surtout …. Ne pas bouger!

  • 11 novembre 2006 à 6 h 36 min
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    Oula la !
    De la mesure dans tout ça !
    Déjà je ne connais pas d’alcoolo-dépendant ni de fumeur qui soit libre.
    Ça reste des addictifs.
    Tout est dans la modération et le respect d’autrui.

    Inutile de préciser que tout excès est nuisible et le restera.
    Pour le tabac si déjà on avait pu appliquer la loi Evin cela aurait dû suffire. Or peu d’établissement l’applique réellement, ce qui aujourd’hui entraîne un excès inverse, en montrant du doigt le fumeur et en l’accablant. Tout fumeur connaît les risques, la prévention et l’information doivent toujours être de mise. Aujourd’hui celui qui veut arrêter peut se faire aider.
    Maintenant il ne faut pas non plus négliger le tabagisme passif que les fumeurs imposent aux autres. Où se trouve alors la liberté des non fumeurs ?
    Euh… Kant c’est un peu fort ce que tu écris non ? Tu nous montres l’image ou devrais-je dire le cliché véhiculé par la consommation d’alcool repris par Jef.
    Attention tout de même ! Bien sûr qu’il faut prévenir des risques, informer et même seriner ! Mais certainement pas imposer. Ne compare pas avec les rapports sexuels non protégés par exemple. Ce serait nier ou penser que le risque est trop faible pour faire ce que l’on nous préconise.

    Chacun est libre de faire ce qu’il veut, mais en connaissance de cause et dans le respect d’autrui. La prévention et l’information restent indispensables. Je ne pense pas que Jef nous disait d’arrêter totalement de boire, mais tu ne peux pas nier les effets pervers de l’abus d’alcool.

    Je répète, tout est dans la modération et le respect d’autrui. Ou alors j’aimerai entendre ce même discours concernant le tabac… voire même les drogues dites douces ou dures si l’on va jusqu’au bout.
    Le jour où nous serons responsables de nos actes et assumerons toutes les conséquences alors il n’y aura plus de problème. Maintenant parlons de liberté, de plaisir, de jouissance à ceux atteints d’un cancer dû au tabagisme passif, à l’entourage d’un alcoolo-dépendant violent, à la famille d’une victime de la route dû à l’alcoolisme au volant, à ceux atteints du sida…
    Tant que ça concerne la personne uniquement, cela ne nous regarde pas ! Il assume ses actes, il est responsable. A partir du moment où son acte induit un dommage aux autres, c’est une autre histoire.
    Modération, responsabilité, respect.
    Peux pas mieux dire.
    En aucun cas cela veut dire interdire !

  • 11 novembre 2006 à 6 h 50 min
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    Je n’en rajouterai pas car je me sens à l’aise avec tous les débatteurs, j’y vois même une sorte de juste milieu dans chaque propos contradictoire. Morpheus, je laisserai Kant te répondre, mais je pense qu’elle n’a jamais remis en cause les rapports protégés (et comme dirait l’autre, sortez couverts, personne ne dira le contraire :-). Juste que le SIDA a généré une psychose comportementale, ce qui n’a rien à voir avec le port de la capote !

    Quant à la cigarette, je trouve effectivement qu’on aurait pu s’en tenir à une stricte application de la loi Evin. Pour finir sur une note d’humour, tout ce que je pourrais te dire sur le sujet a été résumé par cet excellent scketche de Groland :

  • 11 novembre 2006 à 7 h 13 min
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    Oups !
    Oublié de changer, bon si ce n’était pas suffisamment clair pour tout le monde, Morpheus et moi ne sommes qu’une seule et même personne ;o)

    Oui je sais bien que ce n’était pas le propos. Et si je suis très attachée aux libertés individuelles que je vois jour après jour se réduire à peau de chagrin avec le consentement de chacun qui n’a pas conscience de tout ce que cela implique, je reste persuadée du devoir d’information et de prévention pour que chacun, en tant que personne responsable, puisse agir en connaissance de cause et non pas obéir aveuglément.

    Et pourtant, l’alcool est un réel problème dans notre société, et de ce que j’en ai compris, Jef pointait l’hypocrisie criante qui règne à ce sujet.

    Quant à Groland… Mdrrr !!!
    C’est un peu ça oui !
    Suffit de voir ce qu’ils font dans les aéroports… :o/

  • 11 novembre 2006 à 7 h 34 min
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    Ce qui me fait peur dans le rapport  de Mr Hervé Chabalier est que pour respecter le principe de précaution fort à l’honneur maintenant, je vois poindre un discours moralisateur qui bientôt va s’accompagner d’interdiction. « 42,5 millions de Français avouent consommer de l’alcool durant l’année ». Mon père j’ai péché, combien d’Ave et de Pater devrais-je réciter pour me faire pardonner. Et combien de coups de fouet ?  Et on rigole de l’Amérique puritaine qui a réussi à instaurer en son temps la prohibition, relégué les fumeurs dans les rues, mais qui voit augmenter l’utilisation des drogues frelatées en comprimés (comme l’ectasie and co). Oui,  il faut fumer moins, oui, il faut boire avec modération, et surtout comme tu le dis Isabelle respecter l’autre, mais on a tôt fait de légiférer, interdire. Oui il faut expliquer, aider ceux qui ont perdu leur liberté par rapport à ces drogues. Mais il faudrait aussi que l’état soit un peu plus clean là dedans. L’existence de la Seita, entreprise nationale fort lucrative ne fait que pointer la schizophrénie d’un état qui dénonce d’une main ce qu’il prend de l’autre. Et là, le marchand est public!
    Cliché… ? Désolée mais si des études scientifiques issues de différents pays aboutissent aux mêmes résultats, cela dérange sans doute le puritanisme ambiant car  ce n’est pas politiquement correct, et on peut regretter son utilisation par certains marchands. Mais les  faits sont là !  En revanche il n’y a pas d’équivalent pour la cigarette. La fumée et les goudrons inhalés sont toujours nocifs, quelque soit la dose…

  • 11 novembre 2006 à 8 h 03 min
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    Ne t’inquiète pas, l’alcool ne sera pas interdit et nous ne sommes pas encore au puritanisme américain.
    Cliché dans le sens où dès qu’on parle alcool on parle terroir… culture, patrimoine… Certes, on ne peut le nier.
    Mais pourquoi aller dans l’excès inverse dès qu’on parle d’alcool ?
    Il y a un problème oui ou non ? Il me semble que oui.
    ça ne veut pas dire que tout ceux qui consomment de l’alcool ont un problème ! Qu’il faille l’interdire etc.
    Pourquoi ne pourrions nous pas pointer ce problème ?
    Touche pas à mon vin ? Ok bu avec modération certaines propriété du vin est bénéfique pour la santé.
    Depuis quand la population est raisonnable ?
    Dire uniquement qu’il y a un effet bénéfique et passer sous silence les effets négatifs… n’est pas un peu hypocrite aussi ?
    Le rapport prend un ton pour convaincre de son bien fondé, donc utilise des mots forts, comme "avouer consommer de l’alcool".
    Qui n’en consomme pas ?
    Pour la cigarette, s’il n’y a pas d’apport pour la santé, on ne peut nier pour ceux qui en sont dépendants, l’effet bénéfique qu’elle apporte d’un point de vue strictement psychologique.
    (oui je tire par les cheveux mais c’est valable dans les deux sens)

  • 11 novembre 2006 à 8 h 48 min
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    Quand j’ai commencé médecine, la consommation "normale" d’un homme sain (!) était d’une bouteille de vin par jour ;o). A 2 bouteilles on commençait à s’inquiéter ! Actuellement, et même à la campagne cette consommation a considérablement chutée. En revanche la façon de consommer s’est modifiée. On évolue maintenant vers une consommation de « fin de semaine » massive, et d’autant mal supportée qu’elle est inhabituelle. A la manière des anglo-saxons… Donc les cirrhoses ont baissé, de même que les complications gastriques (hémorragies digestives en particulier). En revanche l’accidentologie et les comportements agressifs de désinhibition ont augmenté.

    Je ne sais pas ce qui est mieux ;o)
    Dans le premier cas le sujet est en danger par et pour lui-même, dans le second il implique les autres. J’aurai tendance à dire que le second cas est pire.

    Et dans les 2 cas il y a un problème ! On est d’accord ;o)
    Quand à l’effet « médicament », outre les vrais effets médicamenteux (le vin à faible dose protecteur des maladies coronariennes ) il ne faut pas oublier que l’alcool est le premier psychotrope utilisé en France : il est anxiolytique, hypnotique, euphorisant. Et là encore la dose joue. Vrai à faible dose, l’effet s’inverse à forte dose….

    Euh… Tu as encore des cheveux?

  • 11 novembre 2006 à 9 h 02 min
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    lol !
    Oui il m’en reste encore
    D’autant que je n’ai plus besoin de les tirer maintenant puisque nous sommes d’accord :op
    J’émets encore un doute entre le premier et le second cas… Bien que… Dans le second cas, l’organisme est moins habitué que dans le premier cas, donc tolère moins l’alcool. tandis que dans le premier cas, il faut une dose plus forte pour atteindre ce degré de désinhibition… On s’intéressait peut-être moins aux effets de l’alcool ? :op
    Allez ! Je garde mes cheveux

  • 12 novembre 2006 à 1 h 22 min
    Permalink

    Boire ou ne pas boire : la bonne réponse pourrait-elle sauver le monde  ? L’article que je vous ai proposé souligne avant tout la gravité d’une situation et l’hypocrisie qui consiste à réprimer d’un côté et à ne pas trop réprimer de l’autre. Il n’y a pas de ma part de volonté moralisatrice. Ce n’est pas en interdisant qu’on éduque me semble-t-il. On sait très bien que les Etats-Uniens sont les champions du monde de la bonne morale. On sait aussi qu’ils sont les premiers consommateurs de pornographie au monde. Mais là je m’égare.

  • 13 novembre 2006 à 4 h 18 min
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    Personnellement, c’est exactement comme cela que j’avais compris le sens de ton propos, Jef : mais tu fais bien de le repréciser !

    Et dans les solutions que tu esquisses (émergence de relais d’opinion, ouverture au débat), je n’ai vu aucune volonté moralisatrice… C’est peut-être nous qui nous sommes égarés dans les commentaires d’ailleurs : mais c’était surtout dénoncer l’hypocrisie d’un système qui serait strictement prohibitif, je pense.

  • 13 novembre 2006 à 5 h 47 min
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    Malgré ces petits écarts, je pense que nous l’avions tous compris. ;o)

  • 13 novembre 2006 à 5 h 54 min
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    Je suis rassuré alors !

  • 13 novembre 2006 à 6 h 26 min
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    mais qu’est-ce que c’est que ce…


    ??? 😉

    Ah j’ai compris : vous avez décidé de battre le record des commentaires de blog-territorial sur ce fil !! Allez, plus que 43 et vous y arriverez 🙂 

  • 13 novembre 2006 à 7 h 40 min
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    J’avais un commentaire qui a eu des soucis avec OB ce matin. Si je le retrouve je l’envoie. Mais on est tous d’accord sur l’ampleur du problème….

    • 14 novembre 2006 à 8 h 29 min
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      Vous n’êtes pas la seule à nous l’avoir signalé… et nous sommes désolés pour ces "bugs" passagers, totalement indépendants de notre volonté !

    • 14 novembre 2006 à 8 h 30 min
      Permalink

      Pour voir le lien >> cliquez ici

      @Jef : un bon vieux retour charriot après la saise de l’adresse et les liens devraient s’afficher, non ? 

  • 14 novembre 2006 à 3 h 39 min
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    Et voici la revue de presse d’hier sur le thème "Alcool"…
    13 novembre 2006 : revue de presse du 13 novembre 2006

    ALCOOL

    Binge drinking

    L’AFP présente le « binge drinking », « intoxication alcoolique aigue, ou alcoolisation paroxystique intermittente » répandu chez les jeunes au Royaume Uni. En France, les spécialistes s’accordent à mettre en garde contre sa dangerosité sociale. « Le binge drinking peut se décrire comme la consommation occasionnelle mais excessive et intensive d’alcool (5 verres ou plus) avec l’intention de se saouler ». Le Dr Marie Choquet précise que ce phénomène « reste loin en France du niveau atteint au Royaume Uni ou au Danemark » et « pointe une montée en puissance dans les pays de l’Est ». Le Professeur Dally insiste sur la dangerosité sociale et les troubles du comportement qui lui sont liés et plaide pour une « prévention globale sur les risques des différentes drogues ». Le Docteur Batel observe que le « phénomène d’ivresse intentionnelle et recherchée est constitutif même de l’adolescence. Il faut envoyer et matraquer des messages de prévention aux jeunes ».

    L’AFP consacre un entretien avec le Docteur Michel, psychopathologue (Robert Debré, Paris) et Maître de conférence à l’université de Tours sur ce sujet. Le Dr Michel précise que le «  binge drinking répond à une question identitaire. Il permet de s’intégrer au groupe, de s’y conformer. » Et a également une « dimension provocatrice ». En termes de prévention, il s’agit de « favoriser la discussion et de tester les connaissances qu’ils ont du phénomène ».

    Bière-Campagne

    Les brasseurs de France ont ouvert un site internet http://www.reperes-alcool.com note le Parisien de dimanche dans une brève. Le site permet « d’évaluer la quantité d’alcool absorbée et les risques encourus sur la santé » sur la base des seuils recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

    Beaujolais nouveau

    Le Figaro et France Soir du 11 novembre annonce l’arrivée du Beaujolais nouveau jeudi 16 novembre 2006. France Soir indique notamment les mesures prises par le maire de Grenoble lors de la fête du Beaujolais « rues piétonnes mises sous surveillance à partir de 17 h avec interdiction de rentrer avec des bouteilles. Consommation et transport de vin sur la voie publique interdits ». Quant au Figaro, il s’interroge sur le cru de cette année et annonce qu’il « sera très bon » et « peut être même meilleur qu’en 2005, avec des arômes de fruits et de fleurs ». Le journal revient sur l’histoire de la célébration du vin nouveau depuis le temps de l’empire romain jusqu’à… l’amendement de 1951 qui a permis à certains vins d’être mis sur le marché un mois plus tôt.

    Alcool-faits divers

    L’AFP annonce que l’ancien joueur international de rugby Marc Cecillon a été condamné vendredi à 20 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de sa femme Chantal, en août 2004, « alors qu’il se trouvait en état d’ivresse à une fête organisée chez des amis ». « Plus de deux heures après les faits, il présentait un taux d’alcoolémie de 2,35 g/l de sang ».

    Edition- « Pour en finir avec l’alcoolisme »

    Libération annonce la publication du livre du Docteur Philippe Batel, psychiatre et alcoologue, qui « documents scientifiques à l’appui, démonte les idées reçues ». Il y explique que « l’alcoolodépendance n’est ni une infamie, ni un travers, ni un vice, mais une maladie. Comme le diabète ou le cancer ». Et qu’elle se soigne. Et invite enfin les lecteurs « à s’interroger sur leurs propres consommations d’alcool » et « celles de leur entourage ».

    Conduite au volant – permis à points

    Le Monde du 11 novembre consacre un reportage d’une double page sur la « colère des sans-permis » et observe que sur « 36 millions de conducteurs, 3,5 millions ont perdu des points ». Le journal relate le déroulement d’une journée de « sensibilisation aux causes et conséquences des accidents de la route » suivis par des conducteurs ayant encore au moins un point à leur permis de conduire. En 2005, 100 000 personnes ont fréquenté ces stages de récupération de points. « Toute la France est là. Un vrai rêve de mixité sociale. Toutes générations, milieux sociaux, tendances politiques et origines confondues » souligne le journal. La plupart ont perdu leurs points un à un pour des excès de vitesse. Un organisateur de raves s’est fait prendre au volant « sous emprise de stupéfiants » après avoir fumé son joint quotidien. Un autre participant pour avec 1, 2 gramme à l’alcootest, (…). Après un rappel des dangers au volant, des travaux de groupe ont lieu sur des scénarios d’accidents. Les participants récupèrent à la fin des deux journées 4 points. La plupart des participants « restent énervés par une loi qu’ils disent, dans leurs langages respectifs « abusive », « ultra-répressive », « vraiment too much » ». La perte de points conduit à « une vraie course à l’ingéniosité » (matériel de détection des radars, vente de points dans les journaux locaux, détérioration des radars en les couvrant de peinture,…). Le Monde souligne néanmoins que « les punitions ont fait leurs preuves » étant donné la diminution du nombre de morts sur les routes ces dernières années, le nombre d’infractions ayant été lui multiplié par trois entre 2002 et 2005. L’article conclut sur les conséquences du mécontentement des « punis » dans le contexte pré-électoral actuel : « La France compte 36 millions de conducteurs dont 3,5 millions ont perdu des points : autant d’électeurs ».

    « Il n’y a pas de dépistage systématique de l’alcoolisme dans la police », met en avant France Soir en date du 11 novembre en enquêtant auprès de policiers en leur demandant « de souffler dans le ballon ». La journaliste de France Soir a enquêté auprès de 5 policiers dont quatre ne se sont pas prêtés à l’enquête. Le journal rappelle que « les policiers ne font pas l’objet de contrôles antialcoolémie dans le cadre de leur activité professionnelle, alors qu’il soumettent à l’éthylomètre de plus en plus de citoyens ordinaires ». Et que &laq
    uo; pour les policiers, seules existent des visites médicales obligatoires, au rythme d’une tous les cinq ans, qui ont un caractère général et ne portent donc pas uniquement sur le problème de l’alcoolémie ». Le journal fait également le point sur les dépistages sur le territoire français (sanctions en cas de refus de se soumettre au dépistage, rappel des seuils des taux d’alcoolémie et peines encourues,…). Sur la route, les dépistages d’alcoolémie sont passés de 3 700 en 2004 à 4500 en 2005. Le journal publie un entretien avec Gérard Demarcq, le secrétaire adminsitratif général du syndicat majoritaire des gardiens et gradés de la paix qui affirme qu’ « il n’y a plus d’alcool dans les commissariats français » depuis la « circulaire Joxe ». « Seules les boissons faiblement alcoolisées comme les bières ou les kirs sont admis ».

    Sources : http://www.drogue.gouv.fr/rubrique40.html

  • 14 novembre 2006 à 3 h 45 min
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    Intéressant !
    Peut-être une tendance à dévier ??
    Je ne sais pas, mais une partie me semble dangereuse…
    Tant que c’est communication et éducation pas de pb, quand ils proposent des mesures ça devient plus hard, du moins à mon sens.
    En reprenant le CP, on peut rajouter l’accidentologie au travail dans l’impact sur la santé et l’économie.
    Dans leur action de com’ j’ai tout de suite pensé à :
    "Tu t’es vu quand t’as bu ?"
    Comme quoi ça laisse des traces…
    Je trouve ça très bien qu’ils cherchent à déterminer les tendances et motivations auprès des jeunes. Si on ne comprend pas une tendance, toute communication risque de tomber à l’eau.
    Ce qui "m’inquiète" un peu plus est le "taux zéro" en alcoolémie pour les jeunes conducteurs et chauffeurs professionnels. Répression… ça risque de conduire à des attitudes qui seront d’autant plus dangereuses à mon sens.
    Pas de propositions législatives spécifiques… vaut mieux pas, chaque état ayant une culture et une approche différente de la chose.
    Responsabiliser les marchands et les consommateurs… Bonne idée… sur le papier… Voyons à la pratique et surtout la mise en place des outils pour atteindre ce but.

  • 14 novembre 2006 à 5 h 56 min
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    Oui Morpheus, en matière d’alcool, l’important c’est l’équilibre… LOL

  • 14 novembre 2006 à 7 h 26 min
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    lol !
    Faudrait pas qu’on se retrouve sous l’eau…

  • 14 novembre 2006 à 9 h 55 min
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    Quelle eau ? On parle d’alcool ici, pardi !

  • 14 novembre 2006 à 9 h 57 min
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    MORT DE RIRE !
    On parle d’alcool depuis quelques jours déjà. Si on descend tout en bas de page, sous "Un blog adverbia", un petit lien nous propose la chose suivante : "Reporter un abus". Y aurait-il eu un hic de trop ?

  • 16 novembre 2006 à 9 h 47 min
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    Et un peu de poésie baudelairienne pour envisager la fin de semaine  :

    Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
        D’un luxe miraculeux,
        Et fait surgir plus d’un portique fabuleux
        Dans l’or de sa vapeur rouge,
        Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.
       
        L’opium agrandit ce qui n’a pas de bornes,
        Allonge l’illimité,
        Approfondit le temps, creuse la volupté,
        Et de plaisirs noirs et mornes
        Remplit l’âme au delà de sa capacité.
       
        Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
        De tes yeux, de tes yeux verts,
        Lacs où mon âme tremble et se voit à l’envers…
        Mes songes viennent en foule
        Pour se désaltérer à ces gouffres amers.
       
        Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
        De ta salive qui mord,
        Qui plonge dans l’oubli mon âme sans remord,
        Et, charriant le vertige,
        La roule défaillante aux rives de la mort !

  • 16 novembre 2006 à 9 h 02 min
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    Ah ! Baudelaire, Desproges… Jef, te soupçonne de vouloir nous prendre par les sentiments pour faire passer tes idées 🙂

    Sinon, puisqu’on en parlait, le décrêt de la loi sur le tabac dans les lieux collectifs vient de tomber (cf forum de blog-territorial).

    Et j’allais oublier : joyeux beaujolais nouveau à tous !

  • 23 novembre 2006 à 9 h 11 min
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    En 2000 alors que je travaillais dans une agence à l’étranger, l’un des actionnaires, adeptes uniquement de chiffres et d’études de toutes sortes sur la comptabilité, affirmait avoir lu une étude comme quoi courir 4 kilomètres avait le même effet que fumer un joint. Le cerveau libérant des substances identiques que celles trouvées dans le cannabis. Comme le disait Morpheus, je crois, l’important est dans l’équilibre… Quant au Beaujolais nouveau, selon un exportateur rencontré à l’étranger toujours dans le cadre de mon travail d’agence, les petites notes de fruits rouges ou de banane seraient des petites essences rajoutées exprès… Et quid des copeaux de chêne que les Australiens rajoutent dans les fûts en inox ? Quid aussi de la grande discussion sur les vrais bouchons en liège porteurs de champignons pas très sains et les faux bouchons ?

  • 11 décembre 2006 à 9 h 12 min
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    Dans un rapport intitulé "Viticulture : pour en finir avec la crise" deux députés proposent la création d’un observatoire de la consommation mondiale de vin. Là ne s’arrêtent pas les suggestions pour en finir avec la crise. Ils proposent aussi durant la Semaine du goût, initiative de l’Education nationale, que les enfants dès l’école primaire soient informés entre autres "des effets bénéfiques du vin dans le cadre d’une consommation appropriée". Mais comme le demande Le Canard Enchaîné du mercredi 6 décembre d’où je tire cette information, appropriée à quoi ?

    • 11 décembre 2006 à 9 h 14 min
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      On dévore aussi l’excellent Canard Enchaîné… mais là, comme source d’information exhaustive, on frôle la désinformation 😉

      En voici donc quelques autres :
      TF1 / LCI
      Le Monde
      Infobourg
      Nouvel Obs
      – et surtout : Le compte-rendu du rapport sur le site de l’Assemblée

      "Être Français c’est, d’une certaine façon, connaître le vin  : comme aliment, comme plaisir et … comme danger", commencent donc par écrire les élus… dans un rapport qui nous semble au contraire une approche assez "objective" de la question : peser le pour et le contre, sans faire l’éloge ni diaboliser.

      Quant à la "consommation appropriée", la formulation était sans doute maldroite et inappropriée, mais tu l’as compris comme nous, non ? Il s’agit du fameux "verre  bénéfique par jour", à boire pendant les repas… et on est loin de "la bouteille bénéfique par jour" enseignée autrefois dans les écoles de médecine (cf. le commentaire de Kant plus haut)

      A noter également un grande campagne de communication des pouvoirs publics sur le thème "5 millions de Français ont un problème avec l’alcool" actuellement multi-diffusée.

  • 12 décembre 2006 à 0 h 59 min
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    Je crois rêver…

    les élèves devraient recevoir un enseignement sur les « effets bénéfiques du vin dans le cadre d’une consommation appropriée »… Ils estiment que "l’apprentissage d’une bonne hygiène de vie commence dès l’enfance et l’école primaire"
    C’est cela oui ! Et en bonne élève je vais réclamer mon verre de vin bi-quotidien à table voire au goûter, parce que c’est bon pour la santé. Un verre à la fois !! Et le gamin bien sûr va mesurer les bonnes proportions poids/taille pour connaître la quantité à ingurgiter !
    Et en mauvaise élève, et bien je vais tester moi-même, c’est pas bien c’est dangereux, oui mais à mon âge je suis immortelle ! Et puis, j’aime bien faire comme les grands, alors si en plus on me dit que c’est bon pour la santé… Un verre ? Ok j’ai un super verre Coca, l’est vachement grand, mais ça ne fera qu’un verre alors tout va bien !
    Puis je vais rentrer à la maison et je vais expliquer à papa et à maman que le vin c’est vachement bien ! Avec modération bien sûr… ça protège de pleins de trucs et même de tout ! Y a moins de morts qu’ils disent. Soit au mieux ils me rient au nez, soit je me prends une tarte ou au pire je me fais offrir mon verre quotidien… A l’école ils ont dit que c’était bien ! Et à l’école, ils savent eux !
    Je pense vraiment qu’il faut arrêter de marcher sur la tête.
    On n’est pas obligé de "diaboliser" le vin, comme ils disent ! (je cherche toujours la campagne de diabolisation du vin)

    les campagnes et les mesures destinées à lutter contre l’alcoolisme n’ont aucun effet sur la consommation d’alcool mais seulement sur celle du vin
    Hé ! Pétée de rire quand même !

    Les programmes d’éducation sur le vin inciteraient ainsi les jeunes à ne pas consommer plus de 20 à 30 grammes d’alcool par jour, "en fonction du sexe et de la corpulence de la personne". Une consommation "absorbée exclusivement sous forme de vin au cours des repas" et "soutenue par une alimentation équilibrée et aussi naturelle que possible".
    Ah oui ? A partir de quel âge ?

    Seraient également abordés "les méfaits des consommations excessives" et "les dangers propres aux boissons alcoolisées douteuses" (sic). Les écoliers seraient avertis que "certains états physiologiques (grossesse) et certaines pathologies prohibent, pour des durées variables, toute consommation d’alcool".
    Pas plus hein ! Abordons seulement… Ne freinons pas leur envie d’essayer… Et puis il suffit de mettre des limites pour qu’on les dépasse !

    Plus incisifs, les députés pointent : "Il faut enfin savoir, et faire savoir, que contrairement à une idée parfois propagée ces dernières années par des défenseurs intransigeants d’une vision univoque de la Santé publique, boire du vin raisonnablement ne conduit pas à l’alcoolisme". Ils invitent d’ailleurs le gouvernement à faire taire les dissensions entre le secteur viticole et les organismes de lutte contre l’alcoolisme.
    C’est cela oui !! On ne devient pas alcoolique avec le vin parce que chacun sait qu’on le consomme avec modération et uniquement avec modération ! Hou les gros vilains !

    Allons bon, alors pourquoi ne pas parler de tous les effets bénéfiques de chaque aliment ?? Cela va en prendre du temps… Mais passons en priorité le vin, bien plus important que d’essayer de faire avaler des fruits et des légumes à des enfants. Parlons de ses effets bénéfiques, et abordons ses effets négatifs, parlons de grossesse aussi, remarque certains apprendront peut-être quelque chose… et de maladies où le vin est interdit mais à des durées variables hein ! Pas tout le temps quand même ! Et comme dirait Xavier Bertrand, il faudrait passer beaucoup de temps à parler des effets négatifs du vin pour pouvoir aborder ses effets bénéfiques… Pas question !

    Dès l’enfance et à l’école primaire… N’importe quoi !!

  • 26 décembre 2008 à 4 h 45 min
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    je suis inquiète , et démunie, après avoir été prise de malaise sur voie publique,état d’ébriété, je n’ai fais aucun scandale, on m’a gardé quelques heures au commissariatn suis sortie libre, on m’a prévenu d’une amende, mais  jmais quels sont les risques que j’encoure vu que mon permis ne m”a pas été retiré de mes effets personnels!!j’ai très peur, c’est la première fois qu’une telle situation m’arrive

  • 6 mai 2010 à 9 h 43 min
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    Il faut peut être creuser au fond du problème et ne pas se contenter de compter les morts et les bouteilles vides ou bien même les campagnes moralisateurs qui ont peu de chance de toucher un ado “rebelle”.

    Surtout, pourquoi un ado a t il besoin de boire plus que de raison pour se sentir bien en soirée?

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