Comment les villes réinvestissent leur fleuve

Depuis plusieurs années, les métropoles mais aussi les petites et moyennes villes se tournent vers leurs berges, en quête de nouveaux lieux de vie, de solutions de transport et d’une attractivité renouvelée.

Les cours d’eau ont longtemps constitué le poumon économique des villes, avant d’être délaissés au fur et à mesure que les activités industrielles s’éloignaient des centres.

Aujourd’hui, confrontés aux enjeux du développement durable et de la densification de la population, les villes cherchent de l’espace et se réapproprient leur fleuve. Bordeaux a ainsi opéré une spectaculaire métamorphose de la rive gauche de la Garonne, transformant d’anciennes zones abandonnées en sites prisés. Les citadins ont tôt fait de s’emparer de ces nouveaux lieux de vie conviviaux, s’y retrouvant pour flâner, dîner ou profiter d’une vue imprenable sur la ville. A Lyon, suite au succès des berges du Rhône réaménagées qui font le bonheur des Lyonnais, la métropole entreprend de réhabiliter les bords de Saône.

Après s’être détournée de la Garonne, Toulouse revient elle aussi progressivement vers son fleuve. Les projets d’aménagement en cours se traduiront par la création de passerelles, de liaisons fluviales grâce à des bac-embarcadères, ainsi que des itinéraires le long des berges pour les vélos et piétons.

Le retour au fleuve signe le lancement de grands projets structurants pour les villes et leurs habitants.

A Nantes par exemple, les citadins ont été associés aux projets de réaménagement des rives de la Loire. Des plateformes d’échanges se sont créées pour réinventer les berges rassemblant les collectivités et les riverains mais aussi des urbanistes, des architectes et des chercheurs. Depuis, de nombreux programmes de rénovation et de réhabilitation sont en cours sur les rives de la Loire et sur l’île de Nantes. L’ancienne zone portuaire a laissé la place à un quartier en pleine effervescence qui s’apprête à accueillir l’un des plus grands centres hospitaliers de France.

Si les métropoles se réconcilient avec leurs fleuves, les petites et moyennes villes retournent aussi vers les berges, qui de rivière, qui de lacs, ou encore de ports. Elles redécouvrent le potentiel d’attractivité économique et touristique des cours d’eau.

De son côté, Paris se réapproprie ses berges, en dépit des crispations autour de la place des voitures et des vélos. Confortée par une forte attente et le succès d’opérations sur ses rives, la capitale multiplie les initiatives pour rendre les bords de Seine aux Parisiens. En région parisienne, les projets de reconquête des berges fleurissent tout autant. Les grands axes routiers longeant le fleuve font l’objet d’importants réaménagements pour se transformer en boulevards urbains, bordés de cheminements pour les vélos et les piétons. Des promenades apparaissent sur les quais et plusieurs projets de réhabilitation de ports sont en cours, notamment dans les Hauts-de-Seine et en Seine-Saint-Denis.

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