Ma Ville Demain : "imaginer, écouter, agir"

A l’automne 2010, les 24 maires de l’agglomération nantaise décident de lancer un nouveau projet métropolitain pour les vingt prochaines années. Ce sera une démarche de co-construction avec les habitants : le projet « Ma Ville Demain, inventons la métropole nantaise de 2030″. L’animation et la conduite de la démarche sont confiées à l’agence d’urbanisme de la région nantaise (AURAN). Nominé au Trophée de la e-démocratie, c’est en tant que directeur d’agence et pilote opérationnel de Ma Ville Demain que Thierry Violland nous répond.

Blog-territorial: Quelles sont les caractéristiques du projet?
Thierry Violland: Ma Ville Demain est une démarche de deux ans qui s’achèvera en 2012 avec pour objectif l’adoption d’un projet pour la métropole nantaise. La première caractéristique de ce projet, c’est la volonté de ne pas être seulement une réflexion touchant les grandes questions métropolitaines classiques (déplacements, attractivité, enseignement supérieur, recherche…) mais aussi les questions du bien vivre ensemble.
Et la deuxième caractéristique, c’est la volonté d’avoir une démarche innovante, particulière : la co-construction. C’est-à-dire qu’on ne part pas d’un texte que l’on soumet, mais on monte un projet avec les citoyens, en quatre phases, pour arriver à la rentrée 2012 avec un avant-projet. Ce n’est peut-être pas totalement nouveau comme méthode, mais à l’échelle de 600 000 habitants, cela commence à devenir novateur et expérimental !

« Imaginer et définir tous ensemble la ville de demain »

B-T: Est ce que le site Ma Ville Demain reçoit la participation nécessaire pour un projet de « co-construction » ?
T.V. : Sur le site, les habitants ont la possibilité de poster leurs contributions sous forme de textes, images, films ou sons, pour proposer leurs idées. Ils y a aussi une partie « Et si… » et un abécédaire pour imaginer et définir tous ensemble la ville de demain.
Pour ce qui est de la participation, nous avons eu 5000 réponses au questionnaire sur la métropole idéale, plusieurs centaines de contributions par Internet uniquement, sans compter une centaine de contributions autres, les commentaires, ainsi qu’une centaine de réunions publiques. Je pense qu’il y a peut-être entre 8 et 10 000 personnes qui ont déjà participé. Sachant qu’il faut du temps dans une démarche de cette nature, le temps même que les gens sachent qu’elle existe. Je pense que nous allons monter en plein régime à la rentrée !

« Internet est le lieu de la transparence »

B-T: Comment sont prises en compte les participations des habitants sur le site internet ?
T.V. : On en est justement à l’articulation où l’on montre comment elles sont prises en compte. La première phase de la démarche consistait surtout à interpeller les citoyens, à les interroger sur les forces et les faiblesses de l’agglomération, sur leur imaginaire et les valeurs qui les touchent. On voit sur le site qu’il y a un dossier bilan de la première étape qui a été fait ainsi qu’un rapport d’analyse de la consultation sur la métropole idéale. Cela nous permet de franchir une nouvelle étape en arrivant à neuf questions pour l’avenir de la métropole.
Neuf questions qui sont issues de ce débat et dont on va encore débattre pendant plusieurs mois et qui vont nous offrir à nouveau des contributions et donc des scénarios du souhaitable et du possible. Au bout du compte il y aura un arbitrage politique bien sûr, et c’est normal pour un territoire, mais la synthèse est issue de ces contributions, de ces 6 mois de débats.

« Le bénéfice citoyen, c’est d’avoir un projet dynamique et collectif pour l’agglomération nantaise »

B-T: Quel est le bénéfice démocratique de la partie Internet de ce projet ?
T.V. : La volonté de notre présence sur internet n’est pas de considérer que les outils technologiques sont l’alpha et l’oméga, mais cela nous permet de toucher des publics et d’aborder des questions que nous n’aborderions pas habituellement. Je pense notamment aux jeunes qui viennent assez peu aux réunions publiques, mais pas seulement, il y a beaucoup de gens qui sont habitués à débattre sur les réseaux sociaux.
De plus, l’enjeu d’une démarche de cette nature est d’être transparent, et Internet est le lieu de la transparence. Le fait de pouvoir en permanence dire ce qu’on fait, en parler, le montrer, aide beaucoup à apporter la preuve que la démarche est honnête, sincère, que nous prenons bien en compte les contributions.
Le bénéfice citoyen, c’est d’avoir un projet dynamique et collectif pour l’agglomération nantaise. Un territoire doit préparer l’avenir et pour cela il doit avoir un projet qui soit capable de faire face aux défis environnementaux et socio-économiques.

 

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Une pensée sur “Ma Ville Demain : "imaginer, écouter, agir"

  • 16 août 2011 à 13 h 26 min
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    Interview très intéressante !
    Bravo à l’Auran et à l’ensemble de la métropole pour cette initiative.
    La démarche de prospective et la notion de bien vivre ensemble me plaisent vraiment.

    En revanche, je trouve la navigation sur la partie contributions du site assez fastidieuse, et l’éditeur limité; d’après moi, les contributions gagneraient à être ordonnées par date et par grandes thématiques notamment.
    En outre, un moteur de recherche par mots-clés permettrait de trouver très simplement les contenus qui nous intéressent. Je pense également qu’il faudrait mettre en avant les contributions les plus populaires et/ou les plus pertinentes ; cela « stimulerait » les rédacteurs et permettrait à l’équipe du projet d’identifier des gens sur qui s’appuyer lors des étapes suivantes.

    Peut-être l’Auran envisage-t-elle des améliorations pour la phase qui va bientôt débuter ??

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