Les JCP, un relai entre les générations de la com’ publique?

Les JCP, un relai entre les générations de la com’ publique?

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Le réseau des Jeunes Communicateurs Publics (JCP) est né d’une passion double : la communication publique, ainsi qu’une envie d’échanger et d’apprendre. Mais il procède surtout d’un constat. Un réel manque de dialogue se fait sentir entre les jeunes récemment ou bientôt diplômés et leurs aînés, plus expérimentés. L’ambition : enrichir la réflexion autour de la communication publique et favoriser l’échange constructif.
Qui sont les Jeunes Communicateurs publics ?
Renaud Large, Matthieu Baccialone, Franck Bourbon et Raphaël Moreau ont entre 26 et 27 ans et travaillent tous les quatre dans la communication publique. En octobre 2010, ils ont décidé de fonder le réseau des JCP. Alors encore étudiants, ils ont démarché l’association Communication publique dont ils sont aujourd’hui sous l’égide. Un an plus tard, Brice Tailly et Damien Arnaud les rejoignent au sein du bureau.
Pourquoi « communicateurs » ? Pour se détacher du terme un peu trop générique de « communicant » qui peut se rapporter à toute personne émettant un message. Le « communicateur » est celui qui communique professionnellement.

« C’est vraiment une maison ouverte, tous les jeunes communicateurs de moins de 30 ans intéressés y ont leur place. »

Le réseau compte actuellement une centaine de membres dont environ la moitié se rend régulièrement aux réunions mensuelles.  Pour faire partie du réseau, rien de plus simple, il suffit d’avoir moins de 30 ans et d’exercer dans la communication publique.
« C’est vraiment une maison ouverte, tous les jeunes communicateurs de moins de 30 ans intéressés y ont leur place. » nous raconte Raphaël, chargé des partenariats et de la politique de développement.
Les JCP se construisent grâce aux rapports interpersonnels mais s’appuient aussi sur une forte présence en ligne. Le web 2.0 leur fournit une vitrine stratégique qu’ils maximisent pour enrichir leur réseau. De l’Online à la vraie vie, des mouvements alimentent le projet. « Nous rencontrons beaucoup de nouveaux adhérents via notre blog et notre présence sur les réseaux sociaux. […] Notre méthode de travail se nourrit ainsi des allers-retours entre le monde numérique et le monde réel. » comme nous l’explique Matthieu, secrétaire général.
Pierre angulaire de leur activité, leur blog assure aussi la dynamique du réseau. Par la diversité des thématiques abordées, il aborde une grande variété de thématiques de la communication publique.

Un pied dans l’enseignement supérieur, l’autre dans le secteur professionnel

Les JCP s’attachent à promouvoir les métiers de la communication publique auprès des étudiants. Ils entretiennent des relations avec des associations étudiantes et des universités et écoles de communication. Ils sont déjà intervenus au CELSA et à Paris I pour présenter le réseau et ses problématiques.  D’autres rencontres sont également prévus à l’INSEEC et à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.
Ces échanges reposent sur un lien informel avec les étudiants. Chacun doit pouvoir y puiser ce dont il a envie, à un moment donné : des informations sur le secteur professionnel, sur le réseau, des idées pour son mémoire etc.
Pour assurer le relai entre générations, ils organisent aussi, chaque mois, un échange entre l’ensemble du réseau et un invité extérieur. Cet invité est choisi pour son expertise sur un sujet précis. Le réseau rencontre une bonne volonté de la part des professionnels, majoritairement satisfaits de partager leur expérience. Il y a de leur part une vraie sensibilité à l’aspect intergénérationnel et la curiosité de savoir ce que les jeunes pensent de la communication publique.

Dans cette lignée, les billets du blog reposent régulièrement sur des interviews de professionnels qui viennent éclairer des sujets propres à la communication publique.
La communication publique doit se faire intergénérationnelle


Être un jeune communicateur public représente des inconvénients que les quatre membres du bureau des JCP, en poste dans des ministères, ont pu expérimenter.

« À nous d’apporter les clés pour décrypter ces nouvelles méthodes de communication et aider les institutions à les intégrer… »

Travailler dans une administration suppose d’être confronté à des processus de validation parfois lourds et des procédures assez strictes. Un bon nombre de contraintes à respecter qui demandent de la patience. Il y a pour le jeune communicateur public une nécessité à s’adapter et un écueil à éviter : celui de vouloir aller trop vite. Il faut donc « entrer dans un moule » mais tout en gardant une certaine authenticité. C’est là tout l’enjeu, et c’est alors qu’un rapport gagnant-gagnant peut se mettre en place. L’expérience d’un côté et le regard neuf qu’apporte cette génération de l’autre.
« Nous contribuons au développement des médias sociaux et plus globalement l’e-influence au sein de la communication publique. À nous d’apporter les clés pour décrypter ces nouvelles méthodes de communication et aider les institutions à les intégrer aussi bien en interne qu’en externe. » nous dit Franck, en charge de l’influence digitale du réseau.
À l’origine du réseau, il y a cet aspect intergénérationnel, une forme de contrat entre Communication publique, les professionnels expérimentés et les JCP.

Pour les membres des JCP, les réunions sont aussi l’occasion de confronter leurs expériences. Un jeu de « ping-pong » entre les différents intervenants, expérimentés ou moins. Les idées foisonnent et le partage d’expériences circule. Il s’agit avant tout d’encourager une « réflexion co-construite et soumise à un perpétuel dialogue » comme nous l’explique Renaud, porte-parole du réseau.
En un mot, les JCP sont une belle illustration de ce que les jeunes communicateurs publics ont à apporter aux professionnels de leur secteur. Derrière cette envie de la jeune génération, se dessine un avantage certain pour la communication publique traditionnelle. À l’heure du web 2.0, elle pâtit d’un certain retard en termes de présence et utilisation digitale. À cette lacune correspondent les compétences d’une génération. Reste à savoir si elle saura s’emparer de cette chance.
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Aucun Commentaire

  • Marco dit :

    Un message, qui reprend la conclusion d’un précédent billet ( http://www.cap-com.org/actualite/2579-bilan-postdrolatique-et-message-personnel.html ) et qui s’adressait à nos « jeunes » collègues :
    « … Et c’est, enfin, en regardant éventuellement le chemin parcouru par les dircoms « canal historique » que vous pourrez avancer et foncer. Mais, par pitié, foncez mais ne recommencez pas ! Je m’explique. Foncez d’abord, parce que la communication publique ne peut être pertinente que si elle est créative. Pas créative pour le simple plaisir d’être « décalée » et d’espérer glaner un trophée au prochain forum. [...] La communication doit être créative pour être en phase avec une société toujours en mouvement et toujours plus rapide que la communication. Si la réalité dépasse toujours la fiction, la vraie vie dépasse, elle, toujours la représentation, la perception, que les gens du secteur public en ont. Et elle doit surtout être créative pour inventer les meilleurs supports de communication possibles ; ils restent toujours à construire, je vous rassure. Donc, si vous le souhaitez, regardez ce que nous avons fait avant vous. Mais ne retenez que les mécanismes des démarches (ceux que les jurys parcourent d’un œil distrait), pas les réalisations. Ne nous copiez pas. Je ne serai jamais aussi flatté que de penser que j’ai pu inspirer un étudiant ou un jeune confrère. Je serais par contre en plein désarroi en le voyant me singer. L’expérience des aînés est surtout à votre disposition pour vous faire gagner du temps. Celui des années qu’il nous a fallu pour construire et donner une place stratégique dans nos collectivités à cette fonction si étrange, la communication publique. Nous avons gravi quelques marches, à vous de faire le reste. Et même, pourquoi, remettez tout en cause et faites autrement. Envoyez-nous bouler ! Traitez-nous de ringards ! Ricanez ! Peu importe … la seule chose importante, c’est que vous fassiez mieux. Mieux ou différent. Je vous fais confiance »

  • Marco dit :

    J’avais oublié aussi cette réponse possible (merci à Franck Confino de sa mémoire) : http://thebaultmarc.expertpublic.fr/2011/01/03/la-vengeance-des-vieux-dircoms/#more-30

  • Renaud dit :

    bonjour Marc, je suis d’accord avec vous. La communication publique doit rester créative, tout en gardant une continuité dans ses principes. Nous ne voulons pas « réinventer l’eau chaude ». C’est pourquoi il nous parait fondamental de garder un échange intergénérationnel. Que nos aînés puissent nous apporter leurs expériences, leurs réussites et leurs échecs afin de progresser véritablement dans cette discipline qu’est la communication publique. Innover, c’est finalement s’inscrire dans une histoire, dans le substrat social d’une discipline. On ne repart jamais de la feuille blanche. Le changement c’est être en empathie avec le milieu qu’on transforme, le comprendre parfaitement et donc l’approprier en partie. La méthode intergénérationnelle nous parait répondre à cette exigence. Qu’en pensez-vous?

  • Cette génération, plus qu’une autre, a vocation à nous pousser vers de nouveaux horizons, à repousser les limites de la communication publique parce qu’elle se trouve chronologiquement au coeur d’une révolution technologique et professionnelle. D’une certaine façon ils nous font redécouvrir les fondamentaux de la communication publique, nous obligent à « ouvrir les fenêtres ». Bien sûr que dans cette démarche il y a une posture, mais il y a aussi et surtout une envie d’être ensemble et de partager. je suis très fier d’avoir été le parrain de cette initiative.