Le bioclimatisme, une solution d’avenir pour améliorer les conditions de vie dans l’Himalaya indien

Utiliser le soleil afin de garder les habitations au chaud durant les rudes hivers que connaît l’Himalaya Indien, c’est l’idée qui a été adoptée par les habitants de cette région pour préserver leurs conditions de vie dans le désert froid trans-himalayen.
Ainsi le GERES (association de développement et de solidarité internationale) et cinq ONG partenaires (Ecosphere, LEDEG, LEHO, LNP et SECMOL) ont formé un consortium afin de mettre en œuvre un projet nommé Passive Solar Housing, utilisant les technologies solaires passives pour venir en aide à cette région. Retour sur cette belle initiative réalisée, de 2008 à fin 2012, et pour laquelle l’agence Sennse avait participé au financement.

Une région à forte vulnérabilité énergétique

Que faites-vous lorsque vous êtes stationné à plus de 3000 mètres au dessus du niveau de la mer dans un désert froid comme le Ladakh, et que vous ne disposez d’aucun accès à l’électricité ? La solution habituelle consiste à brûler du diesel et du kérosène pour garder la chaleur ou, s’il est disponible, à brûler du bois de chauffage.
C’est ce que les gens du Ladakh ont traditionnellement toujours pratiqué, ainsi que l’armée indienne pour des dizaines de ses hommes stationnés situés dans cette région trans-himalayenne s’étendant sur près de 85% de l’état de Jammu-et-Cachemire. Avec le mercure plongeant à minimum -20°C durant les nuits d’hiver, et à environ -5°C au cours des nuits de mars et en avril, il devient pratiquement impossible de vivre sans solution de chauffage adéquat.
Autre problématique, le Ladakh n’est pas connecté au réseau électrique national. Il dispose seulement de quelques zones alimentées par des centrales hydroélectriques locales, tandis que l’énergie solaire décentralisée est utile dans de nombreuses autres régions éloignées, mais s’avère très insuffisante.

Le soleil comme unique gage de confort

Ce projet élaboré sur quatre ans, entre 2008 et 2012 se voulait répondre à deux objectifs majeurs :

  • réduire la faiblesse énergétique des populations rurales vivant dans ces montagnes en assurant leurs besoins de chauffage en hiver

  • diminuer la pression sur un écosystème fragilisé par une exploitation mieux contrôlée des ressources naturelles

Ainsi, impressionnée après des pilotes réussis, l’armée indienne cohabitant avec les civiles du Ladakh, a accepté d’exploiter les rayons du soleil, qui dans cette région brille toute l’année, permettant d’offrir à ses habitants une chaleur constante grâce à une conception efficace. Ce sont donc des matériaux locaux compatibles au chauffage solaire qui ont été utilisés pour isoler les bâtiments résidentiels.
Les toits des bâtiment sont donc désormais pourvus d’ouvertures en verre afin de garder l’intérieur du bâtiment bien éclairé pendant la journée et emprisonner la chaleur en hiver.
Les autres parois latérales sont faites de boue épaisse avec isolation entre les deux. L’isolation est parfois de l’air et parfois un mélange de vieux papiers et d’herbe séchée. L’idée de la conception solaire passive est qu’elle absorbe et emprisonne toute la chaleur directement de la lumière du soleil. L’architecture permettant ainsi aux habitants de la stocker longtemps.

Lors de l’étape de construction, le travail des équipes locales du projet PSH – Passive Solar Housing – avait été retardé par les inondations survenues l’été 2010. Les derniers mois ont été dédiés aux visites terrain afin de réaliser un bilan de l’impact de la catastrophe et un état des lieux des constructions terminées, annulées, ou reportées à 2011.

Selon un récent rapport datant de septembre 2017, l’armée indienne cherchait une «alimentation électrique durable en haute altitude pour améliorer les conditions de vie de son personnel», où l’énergie solaire et éolienne, en abondance à haute altitude, est également à l’étude. « Les projets d’énergie solaire sont peu nombreux et ne sont pas en mesure de répondre à la demande d’énergie de pointe de 21 stations militaires en hiver », avait indiqué le rapport.

Plus de 1000 constructions solaires passives ont vu le jour

Ce projet du GERES, qui a pris fin en 2013, aura permis la construction de 536 serres solaires passives (18 760 m2), 1004 maisons solaires passives (20 080 m2) et 30 bâtiments publics (3000 m2). De nouvelles missions exploratoires ont été menées en Inde par l’ONG ces dernières années dans le but de relancer des projets de serres solaires passives dans le pays. En attendant, les projets bioclimatiques ont continué de se multiplier avec succès en Asie centrale, notamment en Mongolie, en Afghanistan et au Tadjikistan où le GERES est très actif, permettant d’améliorer la vie de nombreuses populations tout en préservant l’environnement.

Enfin, 213 artisans (maçons, charpentiers, menuisiers) ont été formés aux techniques d’efficacité énergétique (EE). En 2010, 60% d’entre eux ont été « actifs » dans la construction ou la supervision de PSH. 5 ateliers de formation pour les artisans se sont tenus en 2010 et 9 réseaux locaux de promotion de l’EE ont été établis.
Dans une région où 30 % du budget familial est dédié au chauffage, les réductions de consommation (autour de 60%) de bois et de dérivés s’avèrent particulièrement appréciées des bénéficiaires. Les pièces sont plus lumineuses et les journées d’activité (économique, familiale, sociale) sont prolongées.

http://www.geres.eu/fr/

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