La révolution douce du vélo en libre-service

Cet été, le vélo en libre-service fête ses 10 ans à Paris. Un anniversaire sans célébration pour le vélo gris souris rentré dans les mœurs parisiennes. Véritable défi dans une ville dépourvue d’itinéraires cyclables à son lancement, le Vélib’ a remporté son pari et révolutionné les mobilités urbaines.

Un succès immédiat

Lorsqu’il apparaît sur le bitume parisien en juillet 2007, sous l’impulsion du maire Bertrand Delanoë, le Vélib’ rencontre un vrai succès. Les Parisiens se ruent sur les 10 000 vélos disponibles, alors même qu’aucune infrastructure n’est prévue pour les cyclistes sur la voierie. Un an plus tard, le système de location en libre-service compte 200 000 abonnés, et en 2017, quelques 300 000, pour un parc de 18 000 vélos environ.

Fort d’un service peu onéreux, le succès du Vélib’ doit aussi à sa grande médiatisation et au fait qu’il soit implanté dans la capitale française, véritable coup de projecteur. Le système de la location en libre-service existait déjà dans d’autres villes telles que Rennes, La Rochelle ou encore Lyon. Depuis, l’aventure parisienne du VLS a fait des émules et une trentaine d’autres villes l’ont adopté : Londres, Barcelone, Moscou, Montréal, Buenos Aires…

Dans le sillage de cette réussite, Paris a lancé la voiture en libre-service, Autolib’, puis des services de location de scooter sont apparus. Depuis cet été, des trottinettes en libre-service sont même en expérimentation dans la Petite Couronne.

Une révolution pour l’usager

Ovni dans le paysage des transports urbains, le VLS a séduit les Parisiens qui ont saisi l’intérêt de ce vélo qu’on peut louer à toute heure. La nuit, lorsque le métro ne fonctionne pas, il évite les longues files pour attendre un taxi ou un bus nocturne, ou tout simplement une grande marche à pied dans les rues désertes. Aux beaux jours, il permet de profiter de la ville et des rayons du soleil, en sortant du travail. Il est aussi très utile en cas de grève dans les transports, à condition bien sûr d’habiter Paris, ou pour terminer les dernières centaines de mètres qui séparent la station du domicile. Dans certains quartiers de la capitale, se déplacer en deux-roues est bien plus rapide que d’emprunter deux correspondances de métro.

Contraction de vélo et liberté, le Vélib’ porte bien son nom. Grâce à lui, l’usager a retrouvé une forme de liberté et le pouvoir de choisir un mode de déplacement parmi d’autres. Complémentaire, il s’intègre pleinement à la chaîne des mobilités urbaines, aux côtés du métro, du bus ou de la marche à pied.

Les opérateurs des transports publics l’ont compris en développant des stations de VLS aux abords des gares. Prochainement, un service de location longue durée de vélos électriques devrait même être mis en place début 2018, pour faciliter les trajets vers les banlieues de la petite couronne.

Pleins phares sur les circulations douces

Au-delà de son succès, le VLS a redynamisé la pratique du vélo de manière générale. Même si le renouveau du vélo était déjà en selle depuis plusieurs années, le Vélib’ lui a conféré une image plus moderne, plus écologique aussi. Peu à peu le vélo s’est transformé en un outil de lutte contre la pollution mais aussi de désengorgement des transports en commun.

Les acteurs des transports urbains, désireux d’en encourager la pratique, doivent désormais s’adapter et en offrir les moyens. Des espaces sécurisés de stationnement pour vélos ont vu le jour aux abords de soixante gares et stations d’Ile-de-France. 20 000 nouvelles places devraient être créées d’ici 2020.

Avec le développement de vélo-écoles pour redonner confiance à ceux qui veulent se lancer à bicyclette en ville, le nombre de cyclistes ne devrait cesser d’augmenter.

Dans la foulée de ce retour en grâce de la petite reine, on a aussi vu apparaître sur les pavés parisiens davantage de rollers, trottinettes, segways et autres monocycles électriques.

Les nouvelles mobilités ont quelques coups de pédale d’avance.

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