La revitalisation des centres-villes en question

Des devantures de commerces baissées, des rues piétonnes vides. C’est la triste réalité des centres-villes d’environ 600 communes en France. Depuis un appel des élus l’été dernier, le gouvernement a proposé en décembre un plan d’actions pour sauver les centres-villes du déclin.

Le déclin des centres-villes, une fatalité ?

Le gouvernement a lancé en décembre dernier un plan de revitalisation des centres des villes dites de taille petite et moyenne (20 000 à 100 000 habitants). Baptisé « Action cœur de ville », ce programme piloté par le ministère de la Cohésion territoriale prévoit d’investir 5 milliards d’euros pour redonner vie aux centres. Les fonds permettront d’ouvrir de nouveaux commerces, rénover des logements sociaux, restaurer des bâtiments anciens et créer des écoquartiers.

Ce plan répond au rapport alarmant publié par le Sénat en juillet dernier. Dans certaines communes, le taux de vacance commercial avoisine les 20%. Béziers, Châtellerault, Forbach, Saint-Brieuc et Montélimar figurent parmi les villes plus touchées. Les parlementaires ont cité pour cause les bâtiments dégradés, les difficultés d’accès au centre et celles du stationnement, le déplacement des équipements du quotidien en périphérie, la concurrence des surfaces commerciales à l’extérieur, ainsi qu’une baisse et une paupérisation de la population en centre-ville.

Il est vrai que depuis quarante ans, les commerces se sont déplacés à l’extérieur des villes, les loyers étant moins chers et le stationnement plus facile. A cet exode « commercial » s’est ajouté le développement des quartiers pavillonnaires en périphérie des agglomérations.  Ces phénomènes ont impacté la valeur du patrimoine et l’attractivité des centres villes.

Le plan gouvernemental entend ainsi répondre aux difficultés de survie des commerces et à la dégradation des logements, mais les actions seront-elles suffisantes ?

S’adapter au mode de vie des habitants

Des villes telles que Saint-Lô, Lons-le-Saunier, Bastia, Gap ou encore Bayeux ont réussi à sauver leur centre par d’autres moyens. Certaines ont sorti les armes réglementaires à leur disposition pour mettre au pas la grande distribution et limiter leur implantation à la périphérie des villes. D’autres se sont attaquées au problème des commerces en se plaçant du côté des consommateurs.

Pourquoi les magasins de cœur de ville sont-ils délaissés ? La faute en revient-elle à la seule grande distribution ? Les habitudes des consommateurs ont changé. En fonction de leur rythme de vie, ceux-ci se tournent davantage vers le e-commerce qui offre plus de souplesse en termes d’horaires et de services de livraison.  Certaines villes l’ont compris et ont créé des plateformes regroupant les commerces locaux avec la possibilité d’acheter en ligne et de livrer les commandes. C’est le cas de l’agglomération du Grand Dole par exemple. D’autres communes organisent des marchés en soirée et en fin de semaine, afin de capter davantage d’habitants. Il y a définitivement une carte à jouer en encourageant la consommation locale et responsable.

La revitalisation d’un centre passe-t-elle uniquement par une animation commerciale ?

Des leviers d’attractivité autre que le commerce

La crise que traverse les centres-villes invite à s’interroger sur les pôles d’attractivité. Que vient-on faire en ville ? Faire ses courses uniquement ou bien se rendre à des rendez-vous, se promener, retrouver des amis ?

A l’instar des commerces, les services médicaux quittent les centres-villes. Des cliniques mutualisent leurs équipements et se regroupent en périphérie des villes, comme à Saint-Brieuc. Pourtant certains professionnels refusent cet exode et l’on voit se créer des maisons de santé en centre-ville. Les professions libérales se rassemblement de même au sein de locaux partagés.

Pour qu’un centre soit attractif, encore faut-il qu’il soit accessible, qu’on puisse y stationner aisément ou bien emprunter des transports publics réguliers et fréquents. A l’heure du développement durable, les villes ont également intérêt à privilégier les mobilités douces comme le vélo. Plus qu’une question d’animation des centres, se pose la question du bien-être et du bien vivre en ville.

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