L’intérêt général est-il une cause bien partagée ?

 L’intérêt général est-il une cause bien partagée ? Par Céline Letellier "Le bon concommateur et la mauvais citoyen" de Robert Rochefort aux éditions Odile Jacob L’association Communication publique accueillait vendredi dernier, à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, Robert Rochefort directeur général du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC) et François Fatoux, délégué général de l’Observatoire sur la responsabilité sociétale des entreprises (ORSE), pour une rencontre autour de l’intérêt général.  Animée par le conseiller d’Etat et président de l’association Pierre Zémor, la rencontre a permis de faire un point exhaustif sur les enjeux de la cohabitation du particulier et du collectif.     Comment concilier intérêt particulier et intérêt collectif au sein de l’espace public ? Il semble que la théorie libérale des marchés ne suffise plus à expliquer les modalités de confrontation des deux notions. Si elle postule que l’œuvre de chacun à son intérêt particulier alimente de fait l’intérêt collectif, elle se révèle un peu courte pour caractériser les enjeux liés aux nouvelles pratiques de communication. Le consommateur, attaché par définition à la défense de ses intérêts particuliers, prend place de la même façon que le citoyen qui œuvre à l’intérêt collectif, dans un contexte en pleine mutation qui le pousse à se renouveler. Les opérateurs économiques sont parfois les seuls à agir sur les enjeux publics Depuis environ dix ans, note Robert Rochefort, la recette du bonheur n’est plus à chercher du côté du collectif, mais bien du côté de l’individu. Un phénomène qui fait les beaux jours des enseignes commerciales du bien-être et autres coaches de vie. En marquetant le rapport à soi, aussi bien physique que psychique, c’est tout le processus de création de la valeur qui se voit remis en question. Jadis la recherche du bonheur passait par une confrontation sociale, aujourd’hui l’achat d’un « jardin zen » constitue une promesse d’épanouissement personnel. Et Robert Rochefort de mettre en garde sur l’apport effectif de ses nouveaux marchands de béatitude, qui conduisent souvent au simple constat de sa propre solitude. Les entreprises, actrices publiques Le clivage du particulier et du collectif  doit  prendre en compte une autre entité qui joue un rôle si ce n’est décisionnaire, tout du moins précurseur, en matière de prise de conscience collective : l’entreprise. Sitôt agités les drapeaux de l’écologie, les entreprises se sont mobilisées pour faire de ce nouvel enjeu un atout au service de leur démarche citoyenne. « Les opérateurs économiques sont parfois les seuls à intervenir sur les enjeux publics » remarque François Fatoux, délégué général de l’Observatoire sur la responsabilité sociétale de l’entreprise. Pour lui, chaque entreprise doit s’interroger sur son engagement dans la sphère publique. Le problème que pose l’obésité par exemple, ne doit pas être du seul ressort des autorités sanitaires mais doit aussi impliquer les acteurs économiques du monde alimentaire. Les enjeux écologiques Si ces considérations sont couramment convoquées dans le débat public, elles se révèlent beaucoup moins pertinentes si l’on tient compte de l’urgence écologique. Face à la prise de conscience collective, les autorités publiques auront à prendre les mesures nécessaires à la sauvegarde de l’environnement, et ce, au nom de l’intérêt général. Preuve de l’effort de normalisation de la démarche écologique,l’élaboration de la nouvelle norme ISO 26000 prévue pour 2009 visant à « fournir des lignes directrices non contraignantes en matière de responsabilit
é sociétale… aux organisations de tout type dans le secteur public comme dans le secteur privé, dans les pays développés comme dans les pays en développement ». Toutefois, en dépit de cette initiative d’envergure internationale, l’interprétation et la mise en œuvre des principes sociétaux relèvent de chaque entreprise. Ce mouvement se fait néanmoins l’écho d’une volonté partagée par les différents acteurs de s’engager dans une démarche d’intérêt collectif. Le citoyen, base unitaire de l’action publique confirme cette mouvance et accueille les principes de consommation citoyenne, de commerce équitable et de développement durable comme une solution à une profonde carence d’action collective.                                                         Vote des lecteurs sur blog-territorial.com Cliquez pour envoyer un commentaire audio

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2 pensées sur “L’intérêt général est-il une cause bien partagée ?

  • 13 juin 2007 à 4 h 48 min
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    En lisant le titre de l’article, j’ai cru que c’était un des devoirs du bac philo d’hier 🙂
    Faut que je me repose, moi !

    Amitiés

    • 13 juin 2007 à 8 h 48 min
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      Les communicants territoriaux sont de grands enfants, c’est bien connu 😉

      Plus sérieusement, ça ne fait pas de mal, un petit retour aux sources ?

      PS : on prépare un sujet beaucoup plus "reposant" pour demain… et à ne pas rater !

Commentaires fermés.